Alexander De Croo: "La taxe belge sur les surprofits sera d’application avant la fin de l’année"

Le Premier ministre Alexander De Croo a déclaré ce mardi qu'une taxe sur les surprofits des producteurs d'énergie va entrer en vigueur en Belgique.

La Rédaction avec Belga
Alexander De Croo: "La taxe belge sur les surprofits sera d’application avant la fin de l’année"
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A l'occasion de sa traditionnelle venue à l'UGent (université de Gand) pour une conférence inaugurale en politologie, Alexander De Croo a annoncé qu'une taxe sur les surprofits des producteurs d'énergie allait arriver en Belgique d'ici la fin de l'année.

Le Premier ministre n'a pas encore détaillé le fonctionnement de la taxe ni le montant qu'elle allait rapporter mais il qualifie cette dernière de "lourde".

Le gouvernement belge négocie le budget des années 2023 et 2024 et la taxe sur les surprofits des producteurs d'énergie fait partie des discussions.

Ce week-end, Tinne Van der Straerten (Groen) a déposé une proposition de loi visant à rapporter 4,7 milliards d'euros d'ici l'an prochain. Elle veut taxer les surprofits des producteurs d'énergie, y compris le pétrolier au délà du plafond de 130 euros/MWh. Cette proposition colle au cadre réglementaire adopté par l'Europe au cours de la semaine dernière.

Alexander De Croo confiait ce mardi que les bénéfices de cette proposition devaient encore être analysés plus profondément mais que "cela ne constituait pas un problème". "Il est clair que ce sera une taxe lourde. De plus, ce n'est pas une opération budgétaire, et l'argent doit retourner à la société", a-t-il déclaré.

Traverser la crise demandera "des efforts de tous"

"Nous pouvons traverser (les crises) en tant que société, mais celui qui affirme que les autorités peuvent compenser à 100% raconte des bêtises. Il faudra des efforts de tout le monde", a résumé mardi le Premier ministre Alexander De Croo.

Évoquant plus largement la démocratie ("Appeler à avoir un dirigeant fort est la plus grosse erreur qu'on puisse faire. On ne doit avoir qu'une seule priorité, une société forte"), puis les crises successives auxquelles le pays est confronté, le libéral a estimé qu'on regarde trop souvent ce qui ne va pas. "Pour un pays où rien n'est possible et où le politique ne peut plus prendre aucune décision, nous avons pourtant une économie parmi les plus innovantes du monde avec un des meilleurs systèmes de sécurité sociale".

Alexander De Croo a fait référence à la "déclaration de septembre" du ministre-président flamand Jan Jambon (N-VA), retardée de plusieurs jours pour cause de rififi dans la majorité sur les allocations familiales. "Nous avons tendance à grossir des choses qui sont tout à fait normales. Dans une démocratie, ça remue de temps en temps".

Le temps n'était pas pour autant à l'optimisme aveugle. La situation sécuritaire en Europe inquiète, avec la crise énergétique qui y est étroitement liée. Des représentants des jeunes du PTB, Comac, étaient d'ailleurs venus le rappeler à l'entrée du bâtiment universitaire, déployant une banderole annonçant que les étudiants "ne paieront pas pour la crise".

Dans la salle, un étudiant a posé une question sur la hausse du prix de l'énergie et des... spaghettis du restaurant universitaire.

Ce à quoi le Premier ministre a répondu en expliquant les mesures prises et en évoquant la future taxation des "surprofits", tout en mettant en garde: l'État ne pourra pas compenser à 100% la hausse des factures.

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