Les places boursières européennes oscillent proches de l'équilibre depuis l'ouverture et n'arrivent pas à accrocher de tendance. Vers 8H00 GMT, Paris s'adjugeait 0,18 %, Londres 0,26 %, Francfort était stable et Milan perdait 0,28 %, face à la situation géopolitique.

En Asie, Tokyo a clôturé en baisse de 1,17 %. Les indices chinois étaient soutenus par l'appel du président Xi Jinping à "des efforts tous azimuts" pour renforcer les infrastructures du pays, confronté à un fort ralentissement économique du fait de ses mesures anti-Covid. Shanghai a pris 2,49 % après ses fortes baisses des trois séances précédentes et Hong Kong a fini stable (-0,05 %).

Mardi, la Bourse de New York a dévissé, se montrant anxieuse au vu des prévisions prudentes des entreprises américaines, qui accréditent la thèse d'un ralentissement à venir. L'indice Nasdaq des valeurs technologiques a notamment perdu près de 4%, et ce avant même la publication des résultats inférieurs aux attentes du géant Alphabet.

Annonce de Gazprom

"Le conflit en Ukraine revient en première ligne", "les marchés boursiers ont été effrayés par les commentaires inquiétants des responsables russes concernant la guerre nucléaire" mais c'est la suspension des livraisons de gaz qui a "secoué les nerfs du marché", selon l'analyste d'Oanda Jeffrey Halley.

Le moral des investisseurs était déjà entaché par des craintes que la réduction du soutien monétaire des banques centrales et la situation sanitaire en Chine, où un confinement menace Pékin, n'affectent la croissance économique. Signes de l'aversion au risque des investisseurs, ils se sont tournés ces deux derniers jours vers les obligations, jugées plus sûres que les actions, et le dollar, une valeur refuge.

L'annonce du groupe russe Gazprom de suspendre toutes ses livraisons de gaz vers la Bulgarie et la Pologne, assurant que ces deux pays membres de l'Union européenne n'avaient pas effectué de paiement en roubles, poussait l'euro à un plus bas depuis avril 2017 (-0,22 % à 1,0613 dollar). Et le cours européen de référence du gaz naturel bondissait de près de 10 % depuis l'ouverture et de plus de 21 % sur deux jours, à 113 euros le mégawattheure.

"Les craintes inflationnistes se renforcent avec le prix du gaz en Europe qui est repassé au-dessus des 100 euros par MWH", constatent les analystes de LBPAM.

Le pétrole aussi était à nouveau en hausse, après les bonds de mardi. Vers 7H55 GMT, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en juin était en hausse de 0,66 % à 105,68 dollars.

Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison le même mois gagnait quant à lui 0,83 % à 102,54 dollars.

Le bitcoin grimpait de 1,76 % à 38,800 dollars, après une chute de plus de 5 % la veille.

Situations diverses pour les bancaires

Le géant bancaire allemand Deutsche Bank a publié un bénéfice net de plus d'un milliard d'euros au premier trimestre, le meilleur depuis neuf ans mais l'augmentation des prix pousse les coûts au-dessus des anticipations des analystes. L'action chutait de 5,84 %.

La banque britannique Lloyds grimpait de 1,82 %, après avoir annoncé un bénéfice net en baisse de 16% au premier trimestre mais une hausse de ses recettes de 12 %.

Aena en dessous des attentes

Le gestionnaire d'aéroports espagnol Aena a essuyé une perte nette de 96,4 millions d'euros au premier trimestre, alors que les anlystes tablaient sur une perte de 78 millions d'euros. Aena reculait de 5,11 % à Madrid.

Le secteur de l'aérien n'était pas à la fête mercredi : Aéroports de Paris perdait 1,19 % malgré une croissance de son chiffre d'affaires de 79 % sur un an, l'opérateur allemand Fraport cédait aussi 1,77 %. Air France-KLM baissait de 0,50 % et Lufthansa de 2 %.