Le retour de Doel 4 a été avancé au 21 décembre, au lieu du 31. Avec lui, le risque de devoir délester est fortement réduit.

Electrabel a annoncé hier que le réacteur nucléaire Doel 4 pourrait être redémarré avec dix jours d’avance, soit le 21 décembre au lieu du 31, comme cela était planifié. Le réacteur est à l’arrêt depuis le 5 août. Une fuite d’huile massive avait endommagé la turbine et forcé l’arrêt automatique du réacteur.

150.000 heures de travail et 30 millions d’euros figurent au bas de la facture de ce chantier de réparation, selon l’entreprise propriétaire de la centrale. Qui assure que des mesures de sécurité supplémentaires seront prises à l’occasion de la remise en route de Doel 4.

Seuls Doel 3 et Tihange 2 manqueront encore à l’appel - au moins jusqu’au 1er avril prochain et à condition que l’Agence fédérale de contrôle nucléaire avalise leur redémarrage - soit une perte résiduelle de 2.000 MW au lieu de 3.000 MW. En principe, l’ensemble des réacteurs assure environ la moitié de la production électrique belge.

Quel impact cela aura-t-il sur la menace de pénurie d’électricité ? Elia, le gestionnaire du réseau de transport, estimait à 49 le nombre d’heures sujettes à une pénurie en Belgique.

La remise en état de Doel 4 diminue cette durée moyenne à cinq heures. Le manque de capacité de production reste donc d’actualité, mais il est moins aigu.

D’autant qu’entre-temps, les gestionnaires de réseau français (RTE), néerlandais (TenneT) et belges (Elia) ont reçu l’approbation des régulateurs pour leur procédure extraordinaire.

Celle-ci consiste en une gestion plus flexible des flux d’énergie importés de l’étranger vers la Belgique durant cet hiver pour "éviter autant que possible des délestages dans ce pays".

Un déséquilibre entre production et consommation d’électricité en Belgique pourrait avoir de fâcheuses conséquences chez nos voisins, étant donné l’interconnexion des réseaux.