Le gouvernement fédéral a décidé de freiner la chute des prix du carburant en activant, vraisemblablement plus tôt que prévu, le système du cliquet destiné à réduire la perte de recettes via les accises sur l'essence et le diesel que cette chute engendre, ont indiqué De Standaard et De Tijd mardi matin. 

Le dossier doit encore être examiné en groupes de travail. Ce système, que le gouvernement peut enclencher quand il le souhaite, permet de modifier l'accise spéciale sur les essences et le diesel en fonction du cours du pétrole. Le gouvernement fédéral, alors dirigé par Guy Verhofstadt, a introduit pour la première fois le système du cliquet par la Loi-programme du 5 août 2003, explique la Fédération Pétrolière Belge (FPB). Techniquement, à chaque diminution du prix maximum des carburants, une moitié de cette diminution est convertie en une augmentation du droit d'accise spéciale. Le prix à la pompe diminue de manière moins prononcée et, pour l'Etat, la perte de recettes via les accises est également réduite. Le cliquet n'a plus été actionné depuis 2011.

Lorsque les prix du pétrole sont élevés, le gouvernement peut, au contraire, activer le mécanisme du cliquet inversé. Le gouvernement Di Rupo a supprimé, le 31 décembre 2011, ce système qui permettait de plafonner les augmentations de prix de l'essence supérieures à 1,7 euro/litre, et de diesel supérieures à 1,5 euro/litre. Lorsque ce seuil était dépassé, les accises sur les carburants diminuaient automatiquement.

"Le système du cliquet est une spécificité belge", signale Jean-Louis Nizet, secrétaire-général de la FPB. "Il est bien rodé même s'il est administrativement complexe. Il est budgétairement intéressant puisque le manque à gagner pour l'Etat est réduit. Il est aussi psychologiquement acceptable, puisque le prix à la pompe diminue malgré tout."

M. Nizet pointe néanmoins quelques failles dans le système. "Un des effets pervers est de voir les stations-services installées à nos frontières proposer des tarifs plus intéressants. En 2005, on a ainsi remarqué que l'utilisation du cliquet avait conduit de nombreuses personnes à faire le plein aux Pays-Bas notamment. Un monitoring des rentrées d'accises est indispensable afin que le mécanisme du cliquet ne rate pas son objectif".

La FPB dénonce par ailleurs "la frilosité" du gouvernement qui "ressort le bon vieux cliquet au lieu de s'attaquer aux questions de fond". "Une nouvelle fois, l'essence et le diesel sont mis à contribution et on oublie le charbon, le gaz naturel, le fioul lourd, etc."