Le biométhane est un gaz "vert" issu de matières organiques diverses (résidus agricoles, déchets des ménages, des restaurants, des industries agroalimentaires…). Après avoir été collectés, ces déchets sont triés, mélangés, chauffés et privés d’oxygène. Ce procédé de fermentation, appelé "méthanisation", permet alors de développer des bactéries qui se transforment en biogaz. Ce biogaz peut ensuite être utilisé brut ou transformé/épuré, jusqu’à obtenir un gaz principalement composé de méthane : le biométhane.

Le biométhane : pour se chauffer, rouler, s’éclairer...

Le biométhane a une composition très proche de celle du gaz naturel. Il permet donc des utilisations identiques à ce dernier. Notamment de produire de l’électricité ou d’alimenter les réseaux de chaleur. À ce titre, il peut être injecté dans le réseau de gaz naturel avant d’être distribué (pour le chauffage, la cuisson, la production d’eau chaude sanitaire…) sans aucun impact pour les clients. C’est-à-dire qu’aucun changement ne doit être effectué sur la chaudière.

Il peut également être valorisé sous forme de carburant pour alimenter certains véhicules, comme ceux des transports publics. Cette valorisation du biométhane permet non seulement de limiter les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi de valoriser les déchets organiques, ce qui favorise l’économie circulaire dans les zones rurales. Il s’agit enfin et surtout d’une alternative prometteuse aux énergies fossiles. Bref, dans une transition énergétique vers du 100 % renouvelable, le biogaz tient un rôle de premier plan.

Répondre aux nouveaux diktats énergétiques

En matière de lutte contre le réchauffement climatique, l’Union européenne s’est fixée des objectifs s’articulant principalement autour de trois axes : la part d’énergie renouvelable dans la consommation finale, les réductions d’émissions de gaz à effet de serre et l’efficacité énergétique. Chaque pays membre doit élaborer une stratégie précise afin de respecter

les engagements européens. Or, le gaz renouvelable représente un potentiel de contribution majeure.

« Le Plan National Énergie Climat prévoit qu'environ 19 TWh (kilowattheure) d'énergie renouvelable devront être produits d'ici 2030, nous explique-t-on chez Gas.be. En développant le secteur du biométhane et en accroissant son potentiel en Belgique, nous pouvons répondre à 80% de ce besoin. Une bonne nouvelle pour les citoyens comme pour l'environnement. En termes d'émissions de CO2, nous obtenons en effet une réduction considérable. Cette production de 15 TWh représente une économie de 6 millions de tonnes de CO2. »

Le biométhane aujourd’hui

Les réglementations en vigueur tant en Flandre qu’en Wallonie n’ouvrent la voie à l’injection de biométhane qu’en vue de le valoriser dans des cogénérations (ces dernières produisant à la fois de l'électricité et de la chaleur à partir d'un même carburant, par exemple le gaz naturel). « Ce type de valorisation permet de profiter du système des certificats verts déjà en place, mais il est limitant à d’autres égards », note-t-on chez Biogas-E.

La première installation de biométhane a été réalisée en 2018 par l’intercommunale flamande IOK et inaugurée en 2018. Fluvius, le gestionnaire de réseau de distribution de gaz flamand, a confirmé la faisabilité technique du projet. Malgré quelques ajustements, le retour est positif et un autre projet est en cours. En effet, le groupe Aquafin, actif dans le traitement des eaux usées, projette de valoriser le biogaz de ses stations d’épuration en biométhane.

En Wallonie, le premier projet est porté par Jérôme Breton (Biométhane du Bois d’Arnelle) qui souhaite aboutir cette année à la mise en service de la première unité wallonne de biométhane. D’autre part, dans les prochains mois, la première pompe bioCNG sera installée sur le site d’une unité de biométhanisation wallonne, avec la collaboration de la société Dminor. Cette pompe permettra d’alimenter quelques voitures par jour.

... Et demain ?

Plusieurs projets et installations sont en cours de construction et de nombreuses unités existantes se reconvertissent (ou s’agrandissent) en vue d’intégrer une activité de biométhane injecté ou vers le développement de carburant CNG à la ferme.

En effet, il existe une véritable demande en la matière !

La valorisation du biométhane en carburant est également sur les rails aux Pays-Bas : Pitpoint fournit 100 % de bioCNG dans ses pompes, et ambitionne de développer la même chose en Belgique.

Concernant le financement, l’une des décisions à prendre pourrait concerner la taxation du carbone sur le principe pollueur-payeur. Un changement qui pourrait rebattre les cartes de l’économie mondiale, favorisant également la circularité.

Quelques avantages du biogaz

  • De nouveaux emplois locaux (dans le cadre de la méthanisation et de la valorisation du gaz)
  • La valorisation des résidus (déchets d’agriculture, d’abattoirs, d’industries alimentaires...)
  • Une énergie continue et stockable
  • Une énergie multi-usages (chauffage, électricité, carburant automobile)
  • La réduction de gaz à effet de serre

https://www.gas.be/sites/default/files/pdf/laybrochPotentielBiomethaneFRv10BAT.pdf

https://valbiomag.labiomasseenwallonie.be/news/inauguration-de-la-premiere-centrale-biomethane-en-belgique

https://valbiomag.labiomasseenwallonie.be/news/les-promesses-du-biomethane-en-belgique-regards-croises-flandre-wallonie

https://www.gas.be/fr/z-energy-green-move