Quatre hausses en 4 semaines pour les carburants. Le diesel a parfois regagné près de 20 cents au litre.

Quatre augmentations en autant de semaines : les prix des carburants et du mazout de chauffage ont repris de la hauteur depuis leurs plus bas de la mi-janvier.

Le litre de diesel était même tombé à 0,98 euro dans plusieurs pompes du pays, notamment aux Cora de Rocourt et de Hornu, alors que les stations automatiques Q8 lançaient une offensive sur les prix le mercredi 21 janvier.

Ce même litre de diesel se vendait hier à 1,13 euro au Cora de Rocourt et même 1,15 euro au Cora de Hornu. La station Q8 Easy d’Evere (Bruxelles) vendait pour sa part le litre de diesel à 1,18 euro.

Comment expliquer cette période bien éphémère d’un litre de diesel à moins de 1 euro ? "Il y a deux raisons à cela, à savoir la hausse du baril de pétrole et l’affaiblissement de l’euro face au billet vert", explique Jean-Louis Nizet, secrétaire général de la Fédération pétrolière belge (FPB).

Le pétrole, justement, affichait en janvier une moyenne de prix de 49,80 dollars par baril pour le brent du Nord, la référence en la matière. À ce jour, la moyenne de ce même baril sur le mois de février est de 58,50 dollars, avec un plus haut à 62,50 dollars ce mardi.

Ces dernières semaines, plusieurs déclarations concernant la baisse d’investissements ont laissé poindre une diminution de l’offre à moyen terme. "Les marchés anticipent une correction des prix d’ici à un an ou deux", poursuit Jean-Louis Nizet.

L’autre élément ayant joué en défaveur des prix à la pompe, c’est l’évolution de la monnaie unique européenne face au dollar.

"L’euro s’est affaibli durant le mois de février", note encore le secrétaire général de la FPB. "Le taux de change moyen face au dollar était de 1,16 € en janvier. Depuis le début du mois de février, il s’est établi à 1,37 €."

Et pour la suite ?

"C’est vrai que les niveaux des prix atteints au mois de janvier semblaient particulièrement bas", estime encore Jean-Louis Nizet, qui préfère ne pas tirer des plans sur la comète pour les semaines à venir. "Certains experts tablent sur un baril à 80 euros. Je reste pour ma part très prudent et me garde de toute projection. Qui avait anticipé que le prix du pétrole tomberait aussi bas au cours des dernières semaines ?"

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Le plein de mazout en janvier

Les Belges qui se chauffent au mazout ont profité à plein des prix affichés au mois de janvier. "Si les statistiques officielles ne seront connues que fin mars, la tendance relayée par les négociants évoque une hausse des volumes de 15 à 20 % en janvier", remarque Olivier Neirynck, directeur à la Fédération belge des négociants en combustibles et carburants (Brafco). "La tendance a donc été extrêmement bonne, les consommateurs passant souvent des commandes de 2.000 litres voire plus si la capacité de leur cuve le permettait", poursuit-il. "Les gens ont fait leurs provisions."

C’est un changement profond par rapport à l’hiver précédent. "L’hiver avait été doux et les prix étaient élevés. Beaucoup de commandes étaient pour des livraisons de 500 litres", rappelle Olivier Neirynck. Les prix parlent d’eux-mêmes : il fallait débourser 750 euros pour 1.000 litres en janvier 2014, contre environ 500 euros voilà quelques semaines. Depuis la reprise du mouvement de hausse, les commandes reviennent vers des livraisons de 500 litres. Or, de telles livraisons ne sont pas intéressantes pour un livreur, qui doit multiplier les déplacements pour écouler les 15 à 20.000 litres de son camion.


Le bois de chauffage boudé

"La demande de bois de chauffage est en très forte baisse", explique François De Meersman, secrétaire général de l’Union nationale des entreprises du bois (Unebo), alors que l’hiver n’a pas (encore) été particulièrement rude. Cette baisse serait de l’ordre de 50 à 60 %.

Comment expliquer ce phénomène ? Il y a bien entendu un hiver doux, qui limite forcément la consommation de tout ce qui sert à vous chauffer. Le bois ne fait pas exception.

Il y a aussi la concurrence des autres combustibles, en l’occurrence le mazout et les pellets. "Le prix du mazout et des pellets a baissé", note François De Meersman. De quoi plus facilement faire tourner la chaudière ou le poêle à pellets alors que le prix du bois de chauffage n’a pas été touché par ce mouvement.

A priori étonnant, alors que la loi de l’offre et de la demande devrait justement pousser le prix du bois de chauffage à la baisse. "Les prix restent stables car le bois de chauffage vendu aujourd’hui vient en fait d’arbres abattus en forêt voilà un an ou un an et demi. C’est sur base des prix payés à ce moment-là que le bois de chauffage est aujourd’hui vendu. C’est la raison pour laquelle les prix sont stables par rapport à l’année dernière", souligne le secrétaire général de l’Unebo.

Le mouvement de baisse touche aujourd’hui le prix de la coupe en forêt. Pour le consommateur, il devra attendre 2016 au plus tôt pour voir le prix du bois de chauffage s’adapter.