Les fournisseurs subissent aussi indirectement les difficultés que la crise actuelle impose à leurs clients. Les fournisseurs tentent de s'adapter à coup de plans de paiement, de revues à la baisse des factures d'acompte et autres reports, mais tous s'accordent à dire que la situation devient de plus en plus difficile à tenir.

Pour Stéphane Bocqué, le porte-parole de la Febeg, la fédération regroupant les fournisseurs d'énergie, "la situation est très préoccupante pour les fournisseurs d'autant plus qu'on ne sait pas comment la crise va évoluer". L'organisation, qui a conduit des analyses sur 80 % du marché, repère clairement une tendance se traduisant en une augmentation significative du risque financier pour les fournisseurs depuis la mi-mars.

"La tendance est particulièrement marquée en B2B. Par exemple, les demandes de reports de paiement ont été 2,5 fois supérieures sur la période avril-mai qu'entre février et mars", explique-t-il. Les demandes de diminution de factures d'acompte ont plus que doublé par rapport au mois de février , autant pour les professionnels que pour les particuliers.

"Au total, nous estimons que le risque financier sous-jacent pour les fournisseurs est aujourd'hui trois fois plus élevé qu'en février", appuie-t-il. Pour les géants comme Engie ou Luminus (EDF), la situation reste tenable dans la mesure où les entreprises respectives disposent d'un portefeuille d'activités leur permettant répartir les risques. Pour les autres, dont la seule activité consiste à fournir électricité et gaz, la pression ne cesse de monter. C'est pourquoi la Febeg appelle les autorités publiques à prendre en charge une part du risque supporté par les fournisseurs.