Le sabotage de Doel 4 qui affecte l'exploitant de la centrale, Electrabel, pourrait entraîner une révision de la contribution sur la rente nucléaire de l'opérateur et dès lors entraîner une adaptation du budget des voies et moyens, a indiqué mercredi le ministre Hervé Jamar en commission de la Chambre. La contribution globale sur la rente nucléaire s'élève à 405 millions d'euros en 2015. Dans une étude récente, la CREG a estimé que cette rente était probablement trop élevée au regard des bénéfices d'Electrabel estimés à un montant oscillant entre 421,383 millions d'euros et 506,910 millions d'euros.

La ministre de l'Energie Marie-Christine Marghem prépare un projet de loi fixant les balises de la future rente qui fera l'objet d'une convention négociée entre l'Etat et Electrabel alors que le gouvernement entend prolonger de dix ans les centrales nucléaires de Doel 1 et 2, une opération nécessitant un investissement de l'entreprise de l'ordre de 700 millions d'euros.

"On s'est beaucoup focalisé ces derniers jours et nuits sur la prolongation de centrales (Doel 3 et Tihange 2 sont également à l'arrêt à la suite d'un problème de fissures, NDLR) mais on omet d'évoquer le sabotage de Doel 4 qui pourrait ou non être pris en considération dans l'évaluation de la rente", a dit en substance mercredi le ministre du Budget Hervé Jamar dans le cadre du débat sur le contrôle budgétaire.

Dans certaines hypothèses, et celle du sabotage doit encore être appréciée juridiquement, des éléments peuvent être retenus au titre de réduction de la contribution, a-t-il précisé. Dans ce cas, il faudrait "peut-être adapter le budget des voies et moyens", a conclu M. Jamar.