Prix energie

Publié début septembre, le sondage mené par l’ordre des architectes ne cesse de faire des remous. Sujet de la semaine : l’imposition des normes passives pour toute nouvelle construction à partir du 1er janvier 2015. Mise en place en pleine concertation avec le secteur (lire ci-dessous), cette mesure bruxelloise n’avait jusqu’ici pas encore suscité de réactions aussi tranchées.

Sur les 522 architectes ayant participé à ce sondage réalisé sur cinq jours, 78,74 % sont contre "l’obligation pour toutes constructions neuves ou assimilées au standard passif".

La raison est avant tout budgétaire. "L’écart entre une construction basse énergie et une construction passive est tellement faible que l’investissement indispensable au passif ne vaut pas la peine", explique-t-on à l’ordre des architectes. "Il aurait fallu imposer du basse énergie. Le passif est bien plus contraignant."

La ministre bruxelloise en charge de l’Environnement ne partage évidemment pas ce point de vue. "Lorsque l’on prend en compte la consommation énergétique d’un bâtiment, le passif n’est pas trop cher", martèle l’élue Écolo. Il semble néanmoins impossible de donner des écarts de prix précis entre une construction classique et une construction passive. "Dans l’ensemble, le coût moyen de construction n’évolue pas fondamentalement entre un bâtiment passif et un autre", explique le coordinateur de la plate-forme Maison passive Benoît Quevrin. "Ce qui fait grimper les prix, c’est la forme architecturale, la technologie choisie, etc. Pas les installations passives."

Le regard que Benoît Quevrin porte sur l’étude de l’ordre des architectes n’est par ailleurs pas aussi tranché que celui de la ministre bruxelloise. "Ce que je retiens de cette enquête, c’est surtout les 72,8 % d’architectes affirmant être capables de faire du passif. On entend régulièrement dire que le secteur n’est pas prêt. Or, cette étude démontre le contraire…"