Le groupe Indépendants a réalisé une enquête afin de réclamer d’autres aides.

Chaque jour qui passe est un jour qui enfonce encore un peu plus des dizaines de milliers d’indépendants belges dans la crise. Ce malheureux constat est une évidence. Des citoyens concernés tentent donc de l’objectiver avec des statistiques.

Le groupe Facebook baptisé Indépendants, qui a rassemblé près de 30 000 membres depuis le 6 avril, a lancé une enquête afin de mieux comprendre la situation et surtout de réclamer de nouvelles mesures auprès de l’État fédéral et de la Région wallonne. Ce dimanche soir, près de 3 800 indépendants issus de tous les secteurs y avaient répondu.

La première question posée a créé la réponse qui interpelle sans doute le plus : "votre activité est-elle impactée par la crise ?" 97 % ont répondu l’être : 27,3 % le sont partiellement et 69,6 % affirment ne plus avoir une seule rentrée financière. "C’est vraiment interpellant" , commente Vincent Maillen, indépendant à l’initiative du groupe et du sondage. "Si les autorités ne prennent pas la mesure de la catastrophe qui s’annonce, il faudra 10 ans à la Belgique pour sortir tous ces gens du CPAS et du chômage…"

Parmi les plus de 3 770 répondants, 48,1 % possèdent des employés à leur charge. Il s’avère que plus des deux tiers d’entre eux ont dû mettre la totalité de leur personnel au chômage. En revanche, 18 % d’entre eux ont pu conserver l’ensemble de leurs effectifs.

Le questionnaire s’intéresse ensuite à l’application des mesures d’aides proposées. On remarque par exemple que 51,7 % ont demandé la prime régionale (5 000 euros en Wallonie, 4 000 euros à Bruxelles) mais seuls 2,6 % des répondants l’ont déjà obtenue. Les réponses sur l’allocation du droit passerelle sont davantage positives : 85,8 % des personnes interrogées y ont droit et 61,2 % l’ont perçu pour le mois de mars.

Quant aux possibilités de reports de crédits, de cotisations sociales ou de loyers, les réponses sont très variables. 22,5 % n’avaient par exemple pas besoin d’un report de prêt mais 37 % n’y ont pas eu droit. "Il y a malheureusement des banques qui ne jouent pas le jeu , regrette Vincent Maillen. Certaines sont beaucoup plus strictes à ce niveau-là."

En parallèle, Vincent Maillen a fait évaluer par les acteurs de terrain la pertinence des 6 propositions de mesures qu’il a rédigées et transmises aux autorités la semaine dernière. Parmi celles-ci, on retrouve l’extension de la prime régionale, la simplification du soutien bancaire, une variation du droit passerelle selon les cotisations sociales ou la prise en charge par l’État des loyers professionnels.

"Globalement, la très grande majorité des gens sont d’accord avec tout ce qui est proposé , analyse le Namurois. Ce qui est certain, c’est qu’il faut encore en faire davantage pour l’Horeca, l’événementiel, les artistes, les ambulants, etc. Pour l’Horeca, nous comptons d’ailleurs aussi demander une TVA réduite à 6 % jusqu’à la fin de l’année. Cela pourrait leur permettre de refaire un peu de trésorerie."

Reste désormais à en faire écho sur la scène politique. "Le MR semble nous soutenir pour plusieurs mesures. Idem avec Maxime Prévot pour le CDH. Pour le PS, Elio Di Rupo a répondu qu’il n’était pas d’accord. Nous n’avons en revanche aucune réponse d’Ecolo, du PTB et de Défi."

© D.R.

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