"Pour un salaire égal, il faut de la transparence. Les femmes doivent savoir si leurs employeurs les traitent équitablement. Et lorsque ce n'est pas le cas, elles doivent avoir le pouvoir de se défendre et d'obtenir ce qu'elles méritent", a affirmé la présidente de l'exécutif bruxellois, Ursula von der Leyen.

La proposition est présentée quelques jours avant la journée internationale de la femme. Les Etats membres et le Parlement européen vont s'en emparer "et les curseurs pourraient bouger", estime un haut fonctionnaire européen.

"L'égalité pour les rémunérations est un droit depuis 1957, et pourtant, aujourd'hui, dans l'UE, les femmes gagnent moins que les hommes et l'écart de rémunération entre les sexes s'élève actuellement à 14,1%", a souligné la Commission dans sa communication. Il est de 30% pour les retraites, souligne le document.

L'écart est "beaucoup plus important si on ne tient compte que du secteur privé", confient les fonctionnaires européens qui ont travaillé sur ce projet.

La Commission européenne se veut un modèle en la matière. Les commissaires, les directeur généraux, les chefs d'unité ont les même salaires.

Mais la parité est difficile à atteindre dans les institutions et Ursula von der Leyen a été contrainte de tordre beaucoup de bras dans les Etats membres pour obtenir la présentation de candidates pour constituer son équipe qui compte 13 femmes et 14 hommes. Les femmes sont encore peu nombreuses aux postes de direction.

"La discrimination salariale fondée sur le sexe est un problème systémique, mais difficile à prouver. Grâce à l'introduction de règles sur la transparence des rémunérations et d'un mécanisme permettant de les faire appliquer, les travailleurs disposeront de l'outil nécessaire pour obtenir les informations requises sur les écarts de rémunération potentiels", a expliqué la commissaire à l'Egalité, Helena Dalli, qui a présenté cette proposition avec la vice-présidente chargée des Valeurs, Vera Jourova.

"Pour ceux qui refuseront de changer les pratiques discriminatoires, nous renforçons la confiance des travailleurs pour agir, y compris pour demander une indemnisation devant le tribunal", a souligné Mme Jourova.

Le projet de la Commission préconise que les Etats membres imposent des sanctions spécifiques et des amendes pour les infractions à la règle de l'égalité de rémunération.

"L'idéal aurait été un même niveau d'amende pour tous les Etats membres, mais il faut être clairs: les entreprises ne couperont pas à des sanctions et les amendes devront être dissuasives. Nous avons au moins cela" dans la proposition, a expliqué le haut fonctionnaire.