Dans le secteur, 20 % des travailleuses gagnent moins de 14 € bruts de l’heure. Contre 10 % d’hommes.

Dans le secteur de la chimie, mieux vaut être un homme… C’est le constat alarmant qu’a pu tirer le syndicat de la FGTB Chimie après avoir initié une vaste enquête sur les salaires des travailleurs du secteur.

À l’approche du 8 mars, Journée internationale des droits des femmes, on apprend ainsi qu’une femme sur cinq gagne moins que 14 € bruts/heure ou 2 300 € bruts/mois (contre un homme sur dix). Mais cet écart salarial n’est pas le seul écueil : 60 % des travailleuses de la chimie gagnent moins que 3 000 €/mois, soit moins que le salaire médian. Dans les entreprises de moins de 50 travailleurs (PME), 95 % des femmes gagnent moins de 3 000 € bruts/mois. Les disparités continuent cette fois du côté du plafond de verre : neuf travailleurs sur dix avec un salaire supérieur à 4 000 € bruts/mois sont des hommes. Et le ressenti n’est pas meilleur puisque 55 % des femmes interrogées estiment que leur salaire ne correspond pas à l’énergie qu’elles mettent au travail (contre 39 % des hommes).

Des femmes peu reconnues

D’un autre temps. C’est ainsi qu’Andrea Della Vecchia qualifie ces injustices salariales. Pour le secrétaire fédéral FGTB Chimie, " contrairement à ce qu’on pourrait penser, on trouve également des travailleurs pauvres dans le secteur de la chimie. Notre enquête révèle que ce sont principalement les femmes qui sont concernées. Plus d’une femme sur deux estime que son salaire ne correspond pas à l’énergie qu’elle fournit au travail. C’est tout à fait inacceptable ".

Les résultats de cette enquête ne font que confirmer une tendance lourde mise au jour par le dernier rapport sur l’écart salarial de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes : l’industrie chimique y enregistrait des écarts supérieurs aux moyennes intersectorielles. Ainsi, dans la chimie, une femme gagne en moyenne 24,20 % de moins qu’un homme (ce taux étant de 17,30 % lorsqu’on tient compte du temps de travail).