Quel a été l’impact de la crise sanitaire et des différents confinements sur l’absentéisme au travail ? C’est la question que s’est posée le prestataire de services RH Acerta, se basant sur les données réelles des absences d’un échantillon de 260 000 travailleurs.

Et le constat est sans appel. En 2020, le nombre d’heures d’absence du travailleur belge moyen dans le secteur privé est 40 % plus élevé qu’en 2019. Concrètement, cette augmentation représente 11 jours supplémentaires. Et ce ne sont pas tant les absences pour cause de maladie ou les crédits-temps supplémentaires tels que le congé parental corona qui expliquent cette croissance des absences, mais bien le chômage temporaire. "Le Belge actif n’a pas été plus longtemps malade que lors des années "normales". Il n’a pas pris plus de vacances que d’habitude et, dans l’ensemble, n’a pas plus opté pour une interruption de carrière que d’habitude, et cela même si le congé parental corona a fait son apparition, par exemple. Le coronavirus a néanmoins eu une incidence notable sur l’absentéisme de courte durée pour cause de maladie, avec un pic observé en mars et avril, et sur le moment où les vacances ont été prises, avec un pic à la fin de l’année. Mais sur l’ensemble de l’année, ces mouvements ont pratiquement été gommés. La principale raison qui explique cette augmentation significative de l’absentéisme au travail est donc le chômage temporaire", indique Amandine Boseret, conseillère juridique chez Acerta.

Les ouvriers sont plus absents que les employés

Parmi les travailleurs les plus touchés, on remarque également des différences entre les secteurs. Les ouvriers enregistrent un taux d’absentéisme au travail sensiblement supérieur à celui des employés. En effet, si l’employé compte 10 jours d’absence supplémentaires sur l’ensemble de l’année par rapport à 2019, l’ouvrier en compte en moyenne 12,5. Cette différence s’explique par le fait que le télétravail est bien plus difficilement organisable pour les ouvriers que pour les employés, qui ont généralement pu poursuivre leurs activités depuis leur domicile. Sans le passage rapide au télétravail, les entreprises auraient subi des pertes de productivité bien plus importantes, souligne Acerta.