En 2010, ce montant n'était que de 4,7 milliards. La progression a donc atteint 7% par an, surtout dopée par la hausse des maladies de longue durée. Le budget consacré à ce poste a en effet doublé sur la même période, passant de 3,4 à 6,7 milliards d'euros. Quant au nombre de bénéficiaires, il a grimpé, en 15 ans, de 221.000 à 471.000.

A l'origine de cette évolution: la présence accrue des femmes sur le marché du travail, le vieillissement de la population mais aussi le durcissement des règles d'accès à une retraite anticipée et des changements dans l'indemnisation du chômage, ce qui favorise, selon la Mutualité chrétienne, "un jeu de vases communicants entre les régimes de sécurité sociale".

Enfin, l'importance croissante des problèmes psychiques et locomoteurs est également mise en avant, la cause de l'incapacité de travail étant, pour 36,8% des travailleurs, un burnout ou une affection psychique, et pour la moitié d'entre eux, une affection du système locomoteur.

"Tous se retrouvent sur un point: c'est le travail qui est responsable de leur incapacité de travail", en raison de l'organisation même du travail (rapport avec les collègues, la hiérarchie, ...) et des conséquences physiques de celui-ci, a pointé Elisabeth Degryse, vice-présidente de la Mutualité chrétienne, invitée dans l'émission Matin Première sur la RTBF.

Pour faire face à ce constat, "il faut travailler sur le bien-être au travail avec les services externes de prévention, les employeurs, les syndicats, .... Ce ne doit plus être un tabou", a-t-elle ajouté en appelant également à la mise en place "d'un accompagnement de qualité tant pendant l'incapacité que lors de la reprise du travail."