Les appels à respecter la règle du télétravail dans les entreprises étant parfois restées lettre morte - il faut reconnaître que dans beaucoup de secteurs, le travail à distance n'est pas possible et les travailleurs doivent se rendre sur leur lieu de travail -, la question s’est reposée avec acuité et fait partie des "thèmes centraux" des discussions. Dès lors, un nouveau protocole va entrer en vigueur dès le 22 mars en matière de télétravail. Des tests antigéniques seront ainsi rendus obligatoires dans le secteur public (Poste comprise), tandis qu’une sélection d’entreprises du secteur privé devra aussi s’y plier. Le Premier ministre a expliqué à la sortie de ce Comité de concertation que pour le travail qui ne pouvait être effectué à distance, des dépistages seraient proposés à partir de lundi sous une forme "poussée" de tests. "Le télétravail n'est pas un luxe. C'est une obligation si nous voulons inverser la tendance exponentielle potentielle du virus", a insisté M. De Croo

Ce n’est pas tout. Le ministre de l’Economie Pierre–Yves Dermagne (PS) avait été chargé avec le Premier ministre d’organiser différemment le télétravail en vue de "jours meilleurs". C’était une demande expresse adressée lors du dernier Codeco. L’entreprise reste un lieu important de foyers de contamination, et ça inquiète : il n’est donc pas encore question de "phasing out" (entendez sortie) sur le télétravail obligatoire, mais le dispositif prend forme. Il en voie de finalisation. Le dispositif reposera sur l’application "ONSS" sur laquelle se connectent habituellement les employeurs. Ces derniers devront alors indiquer le nombre de personnes qui sont sur place au jour le jour.

L’objectif sera de faciliter les contrôles de l’inspection du Travail. Si le nombre de personnes indiquées par l'employeur dans la nouvelle case qui sera créée sur une nouvelle application ONSS (développement informatique à prévoir) n'est pas correcte, ce dernier devra se justifier. Cela dit, ce qui est envisagé pour des jours meilleurs pourrait aussi s'avérer utile si le respect du télétravail ne devait pas être satisfaisant, nous dit-on à bonne source. Mais le processus se heurtera à de nombreuses questions, tant sur le plan légal (le respect de la vie privée, RGPD) que sur la praticabilité logistique de la mesure. Débats en vue...