Les chercheurs en sont sûrs, on va vite évoluer vers le "travail hybride", soit un mélange de travail au bureau et à domicile. "D’ailleurs lorsqu’on interroge les télétravailleurs sur la situation idéale, ils estiment que deux à trois jours de homeworking seraient efficaces associés à des jours en entreprise consacrés au contact et au développement de la créativité et aux échanges d’idées", explique Lode Godderis, le CEO d’Idewe, qui est le service externe pour la prévention et la protection au travail et professeur en médecine du travail à la KU Leuven. Et ce n’est pas plus mal car il y a urgence au niveau du lien social : un télétravailleur sur deux se sentait mentalement épuisé.

Chez Salesforce, le leader mondial du marché du CRM, on envisage de bientôt rouvrir les bureaux en Europe du Nord. Et selon les premiers enseignements livrés par les bureaux qui rouvrent en Asie et en Amérique du Nord, 80 % des espaces de travail collaboratif sont utilisés les mercredis et surtout les jeudis. Le jeudi semble donc détrôner le lundi comme la journée où la plupart des individus désirent travailler au bureau.

Pourquoi ? Parce que ce jour de pleine semaine est empiriquement un jour d’activité, parfait pour le brainstorming et la créativité. Il se situe juste avant le vendredi, jour privilégié de télétravail. Cela permet donc de boucler des dossiers en présentiel à la fin de la semaine, et puis d’organiser des réunions avant le week-end mais aussi montrer… que l’on est bel et bien là ! Parce que le problème du télétravail, c’est le sentiment d’invisibilité qui peut parfois s’emparer des employés. Une émotion qui nuit à la productivité.