Hoi An la miraculée

Le temps semble s’être arrêté dans cet ancien comptoir de la soie

Jean Bernard
Hoi An la miraculée

Hoi An, située à 30 km au sud de Da Nang, pourrait être surnommée la Bruges du Vietnam. Comme elle, elle fut un grand port, carrefour de civilisations puisque les Chinois, les Japonais puis les Français s’y implantèrent, ouvrant comptoirs et commerces florissants sur ce qui était la route de la soie dont la ville fut le centre névralgique.

Et comme la cité des Flandres, elle vit le sable envahir l’embouchure de la rivière qui la traverse, entraînant un déclin et une certaine somnolence. Désormais, sur la Thu Bon ne flottent que quelques sampans et quelques bateaux pour touristes.

Hors du temps, sans intérêt stratégique au moment des guerres d’Indochine puis du Vietnam, Hoi An nous est parvenue intacte. Plus de 800 de ses maisons et monuments revêtent un intérêt historique et, parmi eux, on retiendra les maisons de riches marchands ou de sociétés chinois, dont certaines remontant au 15e siècle. De nombreuses toitures sont recouvertes de milliers de tuiles concaves et convexes, de style yin et yang. Le bois de construction de ces maisons est le jaquier, noir et très dur. Il est vrai que, chaque année, la ville est victime des crues de la rivière en période de mousson. Des systèmes de poulies permettent de monter le mobilier au premier étage et d’ainsi protéger son domicile.

Le monument le plus célèbre de la ville est le pont-pagode japonais, un pont couvert construit en 1593 pour relier les quartiers habités par les communautés chinoises et japonaises. Chaque extrémité est gardée par un couple de statues, figurant des chiens d’un côté et des singes de l’autre.

La ville, classée depuis 1999 au Patrimoine mondial de l’Unesco, regorge d’endroits magnifiques, à visiter à pied, avec une formule originale de pass permettant de visiter, pour une somme modique, six de la trentaine de monuments et maisons exceptionnels. Si vous êtes pressés, vous sélectionnez votre tour, en mettant le pont-pagode et l’une ou l’autre maison typique de chaque communauté. Si vous bénéficiez de plus de temps, rien ne vous empêche de tout voir, moyennant l’achat de plusieurs pass.

On ne peut que conseiller de s’attarder dans cette ville, où la qualité de l’hôtellerie est inégalable pour un prix pareil. Balades à vélo ou en bateau, baignades dans les environs, villages de pêcheurs ou d’artisans, site de My Son à quelques kilomètres de là font de Hoi An un havre de paix dans ce Vietnam souvent très effréné qui, sans doute, par le passé offrait d’autres merveilles comme celle-là.

Certes, beaucoup de maisons particulières sont devenues des restaurants, cafés ou boutiques à touristes mais faire aussi un tour dans son marché animé permet là encore de se replonger dans ce que fut l’Asie du Sud-Est jusqu’il n’y a pas si longtemps. Et le soir, les petites bougies posées sur la rivière Thu Bon donnent une jolie impression de carte postale.

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