Où les "ultrariches" passent-ils leurs vacances?

Venus d’Europe, des Etats-Unis, du Moyen-Orient ou de Russie, c’est sur la côte d’Azur qu’ils s’évadent d’abord. Une enquête de La Libre.

C.M.
Où les "ultrariches" passent-ils leurs vacances?
©Reporters

Pouvoir pointer sur un planisphère ces quelques lieux paradisiaques de villégiature prisés par les milliardaires du monde entier intéresse tout autant le promoteur britannique Candy&Candy que le courtier immobilier Savills. Le premier est l’auteur de complexes très très haut de gamme ; notamment le One Hide Park à Londres. Le second a la réputation de pouvoir aisément les remplir ; ce qu’il a fait pour quasiment 90 % dudit One Hide Park.

A deux, en collaboration avec Deutsche Asset&Wealth Management, ils ont œuvré à la réalisation d’un classement des 20 destinations les plus huppées et les plus… prospères en tenant compte, comme l’explique Yolande Barnes, directrice du département Research dans le segment résidentiel de Savills, "de plusieurs facteurs combinés : les valeurs immobilières, certes, mais aussi l’environnement touristique immédiat (hôtels de luxe…), l’internationalisation de la clientèle ainsi que le caractère exclusif".

Première "enclave" sur le podium, la côte d’Azur où une villa 5 chambres dépasse les 28,5 millions de dollars. "La région attire des acheteurs ultrariches de toute l’Europe, d’Amérique du Nord, et plus activement à l’heure actuelle, du Moyen-Orient et de Russie", précise-t-elle. Deux autres enclaves européennes figurent dans le top 5 : la Costa Smeralda, en Sardaigne (2e) et Monaco (5e).

Plusieurs îles des Caraïbes entrent aussi dans le classement, dont la très petite et très courue Saint-Barth (3e); d’où une pression sur les prix de ses rares villas. La Barbade, bien plus grande, la suit de près (6e) ; son marché y est notamment soutenu par des acheteurs britanniques. Figure également dans le top 20 Canouan (20e), une île "émergente" de l’archipel des Grenadines, portée par les nouveaux investissements affectés à son aéroport.

Plusieurs stations de ski entrent aussi dans ce classement : Aspen (4e) et Vail (16e) aux Etats-Unis, Courchevel (19e) en France, et le trio suisse Saint-Moritz (7e), Gstaad (12e) et Verbier (14e)."Historiquement, le marché suisse était dominé par les acheteurs européens, dit-elle encore, mais ces dernières années, il accueille des acheteurs asiatiques."

Etonnamment, le classement compte très peu de destinations non européennes ou non américaines (ou assimilées), sans doute parce que potentiellement plus déroutantes d’un point de vue administratif, juridique, fiscal. "Ce n’est pas parce qu’elles ne seraient pas assez chères, haut de gamme ou exclusives,explique Yolande Barnes, mais parce qu’elles ne sont pas (encore) assez cosmopolites. Pour entrer dans le classement, les destinations doivent attirer des acheteurs internationaux. Etre associé à une jet-set nationale ne suffit pas." Trois seulement s’y retrouvent : les Seychelles (8e), les Maldives (9e) et Dubai (13e).

Ce qui ne veut pas dire que les ultrariches n’ont pas leurs habitudes : les Américains sont casaniers et achètent surtout chez eux et dans les Caraïbes ; les Russes ont une préférence pour la Méditerranée ; tout comme ceux venant du Moyen-Orient ; quant aux Asiatiques, et sans compter les achats chinois de vignobles bordelais, "ils sont moins demandeurs d’une seconde résidence dans les destinations de loisirs traditionnelles, indique Yolande Barnes, concentrant leurs achats dans des centres urbains (comme si ruralité était synonyme pour eux de pauvreté) et dans les stations thaïlandaises de Phuket et Koh Samui, à Bali en Indonésie et, pour le ski, à Niseko dans le nord du Japon".

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