Le Club Med La Caravelle, en Guadeloupe, Inauguré en 1973, a été entièrement rénové. Visite éclair en mer des Caraïbes.

Lorsqu’en novembre dernier, on s’était envolé vers Pointe-à-Pitre, c’est à Orly que le rendez-vous avait été fixé. Soit de longues heures de bus et des embouteillages infernaux sur le périphérique parisien avant d’attraper, in extremis, notre vol. Rejoindre le paradis et les plages de sable blanc, cela se mérite… Mais depuis le 7 décembre, le trajet vers les cieux plus cléments s’est considérablement simplifié puisque, deux fois par semaine, un vol Air Belgium relie Charleroi Sud à l’aéroport guadeloupéen.

Pour ce qui nous concerne, donc, c’est après un vol Air Caraïbes sans anicroches que nous avons touché ce bout de territoire français niché au cœur des eaux turquoise. Et comme chaque fois que l’on a l’occasion de goûter au soleil au cœur de l’hiver, notre premier bonheur fut de profiter de la tiédeur de l’air et de troquer les bottes contre des sandales. Guadeloupe, nous voilà…

Pour rejoindre le Club Med La Caravelle, alangui au sud de la Grande Terre, trente petites minutes de bus. Sur des routes qui serpentent au milieu d’une végétation luxuriante, où éclatent les couleurs de fleurs aux dimensions insensées. Ici, un petit resto qui invite, en créole, à goûter aux spécialités locales ; là un bar où, depuis le bord de la route, les locaux observent les touristes en route vers les "resorts". Pour les Guadeloupéens, qui le vivent au quotidien - et l’on s’en rendra compte lors d’une excursion - le nombre de vacanciers qui, sur leur île, louent une voiture est d’ailleurs devenu un problème. Car les "grands axes" ne sont pas nombreux et les embouteillages un vrai casse-tête.

Mais pour être tout à fait honnête, une fois le portail du Club Med passé, tout est fait pour que ce genre de préoccupation soit à des années-lumière des GM. Et si beaucoup de choses ont changé depuis la création du premier village (à Alcudia, aux Baléares, en 1950), il est des traditions qui perdurent : à la descente du bus, l’équipe GO est là pour souhaiter la bienvenue, un jus de fruits frais à la main pour parfaire l’accueil, du côté du bar. Lequel s’ouvre sur une mer d’un bleu si intense qu’elle semble se refléter partout…

Mais pas de temps à perdre puisque nous ne sommes ici que pour quatre jours - le temps d’assister à la réouverture officielle du village, après d’énormes travaux de rénovation - en présence d’Henri Giscard d’Estaing, le PDG du Club Med et des autorités locales - autant profiter sans tarder des innombrables activités proposées aux GM. À moins que l’on préfère tomber la chemise et se jeter dans une eau à 29 degrés avant de s’effondrer sur un transat en regardant se coucher le soleil. Sur l’une des plus belles plages de l’île, évidemment, puisque comme dans de nombreux autres pays, le Club a été l’un des premiers à s’y installer… C’était en 1973, déjà. Pas étonnant, du coup, que les lieux aient eu besoin d’un petit lifting (le village était passé de 3 à 4 tridents après une première rénovation en 2007), s’inscrivant dans la montée en gamme voulue par la direction. Afin, comme le souligne Henri Giscard d’Estaing, d’en faire "l’un des joyaux les plus brillants" de l’offre de villages en bord de mer.

C’est fenêtre ouverte, au son du ressac, que l’on s’endort en ce premier soir, avant, le lendemain, dès l’aube, de partir à la découverte de l’ensemble du village. Direction l’autre bout de l’anse Accul, loin de l’animation du centre de La Caravelle. Ici, dans l’Oasis Zen, c’est enfant non admis. Calme, relaxation, yoga, détente et silence sont au programme. Des chambres de luxe y sont cachées, loin du bruit et à deux pas du spa, dont certaines cabines ont été installées sur un ponton. C’est aussi tout au bout de la plage qu’à l’Allamanda on déjeune de spécialités créoles et de grillades, sur la terrasse d’une maison colorée.

Retour au Colibri, le bar central, pour retrouver quelques collègues et grignoter quelques acras avant le départ pour les excursions. Car traverser la moitié de la planète pour rester enfermé dans la cage dorée du Club, ce serait ballot. Certains ont opté pour la visite du Parc National, d’autres ont découvert La Pointe des Châteaux. Mais la sortie qui a le plus de succès, c’est la mini-croisière en catamaran, au départ de Saint-François. Le trajet est un peu longuet (rapport aux embouteillages, donc) mais l’idée de découvrir Petite Terre et là-bas, au loin, Désirade et Marie-Galante, force à la patience. Une fois au port, c’est une surprise… de taille qui nous attend. Si l’idée que vous vous faites d’un catamaran, c’est un (relativement) petit bateau posé sur deux coques effilées qui fendent les flots, propulsés par le vent, passez votre chemin. Le bateau de Paradoxe Croisières (prestataire de services pour le Club), c’est un catamaran de 25 mètres qui navigue surtout au moteur et qui a embarqué, ce jour-là, une soixantaine de personnes. Autant le savoir si vous rêvez d’intimité. Nous, on en a profité pour discuter avec Gary, Laurent et Wilfrid, les membres de l’équipage qui, chaque jour, emmènent les vacanciers découvrir leur petit paradis. Après avoir préparé ti-punch et collations, tandis que certains somnolent au soleil et que d’autres multiplient les clichés destinés à Instagram, les trois gaillards nous racontent leurs îles, leurs légendes et leurs espoirs. Dont celui de voir se développer ici un tourisme plus écoresponsable, moins invasif et plus respectueux, aussi.

Car, en Guadeloupe, il s’agit du principal levier de croissance. "La Caravelle, c’est l’endroit idéal pour être heureux", commente Henri Giscard d’Estaing quelques heures plus tard, lors des discours officiels. "Gérard Blitz, l’un de nos fondateurs, disait que le but dans la vie, c’est d’être heureux. Ici et maintenant". Message reçu, Monsieur le Président !