La Normandie est une région bien connue des Belges qui y ont leurs habitudes et où beaucoup possèdent d’ailleurs une résidence secondaire. Toutefois, elle évoque davantage la mer à travers ses longues côtes et des stations balnéaires de renommée mondiale comme Deauville ou Honfleur. La Normandie de l’intérieur est un peu moins familière. On y trouve des paysages très variés, des vastes campagnes mais aussi des zones plus accidentées. C’est le cas à Bagnoles-de-l’Orne et ses environs dont le relief vallonné lui a valu d’être qualifiée de “Petite Suisse normande” dès 1821.

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Relativement petite et peu peuplée (2.674 habitants), Bagnoles-de-l’Orne s’est découvert une vocation touristique au fil du temps grâce à son offre en matière de thermalisme et de bien-être ainsi que son vaste espace naturel. Le tourisme vert, ou écotourisme, est une des activités principales de la Suisse normande et il attire de nombreux Belges qui viennent pour découvrir la région à vélo ou à pied. Bagnoles-de-l’Orne est traversée ainsi par le GR22 qui relie Paris au Mont-saint-Michel tandis qu’une cinquantaine de circuits s’offrent aux cyclotouristes et une dizaine pour les amateurs de VTT. Mais la grande tendance du moment est comme partout le trail. Labellisée station de trail, Bagnoles-de-l’Orne dévoile des gorges escarpées, des landes et rivières, son patrimoine naturel et ses arbres remarquables. La ville est située au cœur de la forêt des Andaines qui déroule quelque 7 000 hectares. Le secteur offre 250 km de chemins et sentiers à parcourir à pied mais aussi, pourquoi pas, à cheval ou en VTT, le temps de quelques heures ou d’un week-end.

Voilà pour la partie sportive ou à tout le moins active. Mais la ville présente aussi la particularité d’être la seule station thermale du nord-ouest de la France. Bagnoles-de-l’Orne tirerait son nom du latin balneolum, signifiant les bains publics. Selon l’Histoire, ce sont les Romains qui ont décelé les propriétés des eaux locales. Mais la légende raconte que c’est un chevalier, Sire Hugues, qui fut le premier à découvrir leurs vertus étonnantes en laissant son destrier vieillissant s’en aller mourir seul dans la forêt. Quelle ne fut pas sa surprise de voir réapparaître l’animal tout fringant ! Il s’était baigné dans une source d’eau tiède et avait humé les vapeurs sulfureuses qui s’en dégageaient.

Au fil du temps, la station a vu défiler du beau monde comme la comtesse de Ségur ou Alexandre Dumas. C’est le XIXe siècle qui fera prospérer les établissements thermaux comme à Spa ou à Vichy. De nombreux curistes viennent prendre les eaux pendant plusieurs semaines. Le visage de Bagnoles-de-l’Orne se transforme. Des gens aisés commencent à faire construire des villas de style balnéaire. Les piscines, chalets, palaces et casinos poussent comme des champignons.

Aujourd’hui, la ville a retrouvé un rythme plus calme mais son eau riche en oligo-métalliques et en minéraux continue à être utilisée en rhumatologie, phlébologie et gynécologie. D’une température constante de 24,5°, elle offre ses bienfaits au cœur d’un complexe baptisé B’O Resort. Ce lieu désigne une vaste résidence de tourisme au charme Belle Époque et un spa thermal de 2000 mètres carrés.

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Mais si l’eau thermale était jadis synonyme de soins, elle évoque plutôt aujourd’hui le bien-être. L’hôtel du Béryl en fournit une parfaite illustration en mettant son spa à la disposition des visiteurs pour son soin signature, un massage doux et enveloppant. À découvrir avant de profiter du sauna, du hammam, du jacuzzi mais aussi des modelages, gommages, bains bouillonnants et autres enveloppements.

Enfin, toujours dans la gamme des soins, on se souviendra que la Normandie est le pays de la pomme. Pour profiter des bienfaits du fruit, B’O Spa thermal a mis au point avec un spécialiste de cosmétique naturel, une gamme de produits de massage et de soins gourmands aux extraits naturels de pommes à cidre.

Entre un soin et une promenade à vélo, le touriste en villégiature a le choix entre se balader dans les rues où de jolies maisons marquent le début de la couleur, signe de la prospérité de Bagnoles-sur-Ornes avant la Première guerre mondiale. Les années 30 apporteront une nouvelle période dorée où l’Art déco sèmera ses lignes géométriques et ses symétries comme en témoignent le Casino ou l’église du Sacré-Coeur.

La Normandie ne serait pas ce qu’elle est sans ses nombreuses spécialités gourmandes. Non loin de Bagnoles-sur-Orne, des localités comme Camembert, Livarot ou Pont l’Évêque portent des noms évocateurs.

À Bagnoles même, il existe de nombreux restaurants de qualité pour tous les budgets ainsi que d’excellents commerces de bouche.

Et si vous prévoyez de passer plusieurs jours dans la station, les idées d’excursion ne manquent pas depuis le Mont-Saint-Michel jusqu’aux plages du Débarquement. Bagnoles-sur-Orne a d’ailleurs abrité la principale base arrière du Mur de l’Atlantique. D’immenses réserves de carburant, de vivres et de munitions étaient camouflées dans la forêt des Andaines. Un parcours de 2,5 km ponctué de panneaux explicatifs permet de mieux comprendre le rôle stratégique de la ville et de la forêt pendant la guerre 39-45.

5 bonnes raisons de venir à Bagnoles

Les champignons

Le Manoir du Lys, un relais de chasse devenu hôtel 4-étoiles, est situé au cœur de la forêt des Andaines. Sous la houlette de son chef étoilé Franck Quinton sont organisés des week-ends aux champignons : marché de Bagnoles, cours de cuisine, déjeuner et dîner au manoir, mais surtout deux longues balades dans la forêt en compagnie d’un mycologue à la recherche des précieux petits chapeaux. Au retour, il ne reste plus qu’à classer les espèces cueillies — il en existe au total plus de 180 ! – et à se régaler, sans risquer l’intoxication.

Le camembert

Facile à vendre, difficile à fabriquer”. C’est ainsi que Patrick Mercier résume les secrets du camembert. Devenu fromager sur le tard, il est fier de son camembert bio qui lui a valu les honneurs de “Des racines et des ailes”. Avec son épouse, il accueille les visiteurs à la ferme du Champ Secret.” Quand on fait une denrée alimentaire, on ne doit rien cacher.” Son secret : les bovins sont nourris d’herbe fraîche et de foin de très grande qualité qui donne au camembert le goût des années 50.

Le cidre

Le cidre est un produit emblématique de Normandie. À la tête d’un verger de 4,5 hectares de pommes à cidre et à jus baptisé Bagnoles de Pom, Ludovic Dubreuil élabore des produits naturels qui régaleront petits et grands. On y trouve le cidre mais aussi le jus de pomme, le Pommeau servi en apéritif et bien entendu le Calvados.

Les maisons Belle époque

Petite mais agréable à visiter, Bagnoles-de-l’Orne possède un quartier Belle Époque. Un exemple plutôt bien préservé de ce que pouvait être un lotissement résidentiel de la bourgeoisie française du début du XXe siècle.

Les thermes

Avec ses eaux dont les vertus sont connues depuis la nuit des temps, la ville incite à poser ses valises pour une petite remise en forme.

Comment y venir ?

  • En train : Il n’y a plus de gare depuis longtemps à Bagnoles. Depuis Bruxelles, on rendra le Thalys jusqu’à Paris Nord. Puis la ligne de métro 4 jusqu’à Paris-Montparnasse. On empruntera alors le train jusqu’à Argentan. Des liaisons régulières d’autobus vous conduiront à destination.
  • En voiture : prendre l’autoroute A 1 Bruxelles-Paris puis à hauteur d’Amiens, l’A 29 direction Rouen. Emprunter ensuite l’A28 puis l’A 88 à Sevrai et enfin les départementales D924 et D916. Compter six heures de trajet.