Vacances Oser s’éloigner des plages de la Costa del Sol ou de ses golfs de gazon émeraude ? Adrien Joveneau l’a fait et a emmené l’Échappée Belge 2019 randonner, à vélo bien sûr, dans l’immense patrimoine naturel protégé que constitue l’Andalousie.

Le projet est ambitieux : l’Andalousie est vaste, trois fois la Belgique et compte 8 provinces, dont chacune porte un nom qui résonne comme une invitation impérieuse au voyage : qui ne rêve d’une semaine à Séville, d’un hiver doux comme un printemps à Malaga ?

Audacieux projet également. Le sud de la péninsule ibérique est recouvert à plus de 50 % de chaînes de montagnes, dont 46 sommets de plus de 1000m. La Sierra Nevada et ses plus hauts pics, le Mulhacén et le Veleta, culminent à 3500m. Les six étapes cyclistes devront épouser ces grands reliefs, sous l’éclatant soleil de septembre. Mais c’est surtout un paradis qu’Adrien Joveneau a fait découvrir aux 13 lauréats des Beaux Vélos de Ravel de cet été : un arrière-pays méconnu, agricole et sauvage, plein de ressources, de surprises gourmandes, de charmes authentiques, d’espaces grandioses, de chemins balisés, de routes en lacets, de canyons profonds et de crêtes sublimes. Et donc quelques dénivelés attendaient les Échappés.

C’est sur les pentes sud de la Sierra Nevada que l’Échappée a débuté, à Bubion, village andalou typique, blanc et serré, avec ses innombrables cheminées, perché à 1400m d’altitude. Les cyclistes aux T-shirts rouges ont entamé l’aventure par une première montée vers Trevelez (1700m) et ses délicieux jambons serrano en train de sécher, suivie d’une descente à fond de train vers la vallée d’Almecijar. La seconde étape leur a permis de découvrir des canyons, oasis et champs d’aubergines au creux de vallons qu’on n’atteint évidemment qu’à bicyclette, pour remonter à l’assaut du village étape, blanc et perché d’Albrucena.

Broderie d’oliviers

Le troisième jour, la bande de nouveaux amis s‘est retrouvée en terrain plus habituel, entamant deux jours et demi sur les vias verdes, chemins de fer transformés en véloroutes. L’allure du peloton s’en est trouvée sensiblement accélérée et a fait oublier les pénibles 7 km/heure de moyenne que leur imposaient les interminables montées des jours précédents.

Le paysage des Alpujarras (sud de la Sierra Nevada) des deux premiers jours a laissé la place à de vastes ondulations couvertes d’une véritable broderie de milliers d’oliviers, dont la culture s’étend sur un vaste territoire des provinces de Jaen et de Cordoue. L’Espagne produit 40 % de l’huile d’olive mondiale et les oliviers espagnols se comptent par centaines de millions.

Les villes de Guadix, Alcaudete, Lucena, Luque, Antequera, Olvera, Grazalema ne se laissent pas traverser sans goûter à leur hospitalité : agréable soirée sur le sable ocre d’une arène, pique-nique de savoureux produits locaux… Les raisons de s’y arrêter sont nombreuses et agrémentent les journées consacrées à pédaler.

Enfin, le peloton des Échappés a terminé sa randonnée non sans avoir visité un élevage de taureaux, ceux-là mêmes qui ne rencontreront l’homme face à face qu’une première fois, dans l’arène. Les plus valeureux combattants se voient graciés parfois. Comme une consolation, en contemplant ces beautés pures et sauvages, courir dans un nuage de poussière dorée.

La douceur des figues

Ronda, charmante ville historique, verra la fin de cet itinéraire espagnol. Au bord de sa vertigineuse falaise de plus de 100m de haut, devant la vue imprenable qui ouvre sur les champs, les fincas et leurs jardins en contrebas et au loin les dents de scie de la Sierra de las Nieves, se refermera cette aventure andalouse.

Émerveillés, les cyclistes ne se lassent pas de contempler cette Espagne qui leur a déroulé ses plus beaux paysages, ses sierras de toutes les couleurs, ses fleurs, ses fruits, ses figues mûres maraudées au bord des chemins… Séduisantes facettes d’une Andalousie hors des sentiers battus, des lieux communs et des bords de mer surhabités.

Ce voyage que leur petite reine (évidemment espagnole, merci Orbea) leur a permis de boucler a été passionnant, mêlant histoire, nature, itinéraires variés et compagnons d’aventure.

En bonus, un sherpa exceptionnel, celui-là même qui cultive l’art subtil de tendre son micro pour y cueillir une émotion sur le vif : Adrien Joveneau.

Comme c’est dur de se quitter déjà : le seul mot qui est venu à l’esprit de chacun, au bord de l’incroyable décor de Ronda, c’est "merci".

Merci l’Andalousie d’être si belle, si étonnante merci l’Espagne pour sa généreuse hospitalité, merci Adrien Joveneau et les Beaux Vélos d’y avoir osé l’Échappée Belge 2019.

Les Villas Turisticas : cinq adresses andalouses, rassemblant autour de communs (piscine, resto, bar) un ensemble de villas, idéales pour des séjours familiaux et en liberté. Très abordables, propriétés du gouvernement, elles sont toutes implantées dans les régions de nature très préservée. À découvrir absolument. Dans les parages de Guadix, des hébergements troglodytiques (clim’naturelle : 20°C été comme hiver). Également très abordables.

Les vélos : secteur en plein boom qui peut aussi offrir un service ultra-complet, avec transport des bagages, etc. Rens : Office du Tourisme espagnol 02 280 19 26 (ou RunBaik, basé à Cadix)

Le jambon serrano : C’est-à-dire "de la sierra" : l’air sec et frais des montagnes offre un séchage parfait et produit un jambon savoureux. À marier par exemple avec du pain frais et craquant et un peu d’huile d’olive…