La station des Gets, située au cœur de l’immense domaine des Portes du Soleil, a su concilier esprit de famille et d’aventure.

Il en faut peu pour être heureux. Tenez, par exemple, dites à vos enfants que les prochaines vacances à la neige, vous les passerez là où a été tourné le film La première étoile et, hop !, succès garanti. Le film de Lucien Jean-Baptiste n’est du reste pas, tant s’en faut, le seul qui a pris pour décor la magnifique et familiale station des Gets, en Haute-Savoie. Dès 1948, Robert Hennion y tournait Les souvenirs ne sont pas à vendre et, plus surprenant, Roger Vadim y réunissait Gérard Philippe, Jeanne Moreau et Jean-Louis Trintignant dans Les liaisons dangereuses, en 1960. Beaucoup plus proches de nous, et pour la télévision, les deux saisons des Chamois, avec Isabelle Gélinas, Julie Depardieu et François Berléand se déroulaient aussi aux Gets… Il suffit d’y poser ses valises, d’arpenter les quelques rues du village puis, ski aux pieds, de s’élancer sur les pistes, pour comprendre ce qui, depuis des décennies, séduit les cinéastes et, surtout, les amoureux de la montagne.

Ici, elle est belle et tout est fait pour qu’elle le reste, de la protection des zones d’hivernages des précieux et délicats tétras-lyres au regazonnement du domaine l’été qui contribuera, ensuite, à une meilleure fixation du manteau neigeux. Les dameuses, elles, ont toutes été équipées d’un GPS leur permettant de connaître la hauteur de poudreuse sur le domaine afin de produire, si besoin, juste ce qu’il faut de neige de culture et, ainsi, d’économiser l’eau. Au cœur du village, ce sont d’autres mesures, tout aussi écoresponsables qui ont été mises en avant, comme la fermeture de la rue du Centre, certains jours, afin de redonner la priorité aux piétons… qui déambulent souvent en famille.

Car avec ses 66 pistes (un chiffre qui passe à 287 si l’on opte pour le forfait "Portes du Soleil"), le domaine Les Gets/Morzine a de quoi séduire toute la smala, des grands-parents aux petits-enfants. Les plus jeunes et les débutants se contenteront des vertes (5), les petits aventuriers dévaleront les bleues (24) et, une fois les bases acquises, tout le monde prendra un pied fou à découvrir les rouges (28) et les noires (9), pour un séjour plus sportif. Et tout ça sans faire de longues marches dans d’inconfortables bottines (allez, avouez-le, les chaussures de ski, c’est affreux !) puisque c’est au cœur même du village que se trouve le front de neige où vous embarquerez là encore sans faire de file (même en haute saison, ce qui est miraculeux) dans un télésiège en direction du blanc infini sur fond de ciel bleu.

Indiens et trappeurs

Chrystelle, ancienne skieuse de haut niveau et désormais responsable de la communication à l’Office de tourisme des Gets, profite de ce petit moment suspendu pour évoquer avec nous les multiples visages de la montagne, qu’elle aime passionnément, tant en été qu’en hiver. Du bout du bâton, elle désigne les sommets, qu’elle appelle par leur petit nom, elle dit sa joie de voir battre le cœur de la station, les terrasses s’animer puis le village s’endormir, soir après soir, tandis que les responsables des pistes procèdent au grand ravalement pour le lendemain. Mais elle confie aussi à quel point tout ceci est fragile et combien il faut prendre garde à ne pas vouloir faire de ces lieux magiques des usines de la glisse où plus personne ne skierait heureux.

Avec elle, au contraire, ce n’est que du bonheur. En l’espace de quelques descentes seulement, elle parvient à inculquer à une ado qui n’en fait qu’à sa tête la meilleure manière d’aborder ses virages en déplaçant le poids de son corps. En guise de récompense, elle emmène tout le monde sur le Territoire du Grand Cry, construit autour du thème des Indiens et des trappeurs et où l’on peut savourer son casse-croûte dans un tipi (quand il ne fait pas beau) ou au pied de celui-ci, tranquille, au soleil. Pendant que les parents soufflent, les enfants peuvent découvrir des jeux d’adresse, le vidéototem, une piste sonorisée…

Vintage

De piste en piste, Chrystelle nous emmène encore du côté du téléski de la Turche, véritable curiosité de la station (voire de la région !) puisque c’est l’une des dernières remontées mécaniques indépendantes. Construite en 1946 par M. Combépine, elle appartient toujours à la même famille, qui la gère avec énergie et passion. Pierre, 80 ans et médaillé d’Or du tourisme, prête toujours main-forte à sa fille, Christelle, qui a quitté son job de juriste pour reprendre l’affaire familiale. Et si l’on peut emprunter la Turche avec son forfait, on peut aussi y acheter des carnets, manière "vintage" d’accéder à cette remontée mécanique.

Lorsque le jour tire à sa fin, il est temps de consulter sa montre et le plan des pistes : ici, le domaine est vaste et il serait ballot de se retrouver du mauvais côté de la montagne à la fermeture des tire-fesses et des télécabines. Du haut du Ranfoilly, perché à 1826 mètres, la vue est époustouflante. Gentiane, Bruyère, Tulipe ou Crocus, à vous de choisir pour redescendre en douceur jusqu’au cœur de ce petit paradis.

5 bonnes raisons de se rendre aux Gets

1. le domaine skiable

En fonction de votre niveau de ski, du temps que vous souhaitez passer sur les pistes et du nombre de jours dont vous disposez pour découvrir les lieux, adaptez votre forfait ! Car si le domaine skiable des Gets compte 27 remontées mécaniques et 34 pistes, on passe à 66 pistes si l’on ajoute sa "jumelle" Morzine et à 287 pistes sur les douze stations, en France et en Suisse, que comptent les Portes du Soleil.

2. la détente

Après le sport, le réconfort. Plusieurs spas attendent les valeureux skieurs… et même ceux qui ont préféré passer leur journée à lire sur une terrasse ensoleillée. Un nouvel établissement, Les sources du Chéry, vient d’ouvrir, qui propose sauna, piscine, massages et soins. À découvrir également le Séréni-Cîmes ou le très beau spa de l’Hôtel Crychar, véritable havre de paix.

3. l’ambiance familiale

Ici, tout est fait pour que les enfants profitent de chaque instant. Le manège de chevaux de bois (en face de la Mairie) est un monument de l’art forain, datant de 1871. Tout à côté, la patinoire accueille ceux qui veulent encore et toujours plus de glisse. Les petits aimeront aussi les aires de jeux qui leur sont destinées et la piste "mauve", Milka, semée de petites embûches et autres mini-défis.

4. l’ambiance… tout court

Aux terrasses, une fois l’heure de l’après-ski venue, le son monte et il n’est pas rare de voir des groupes jouer en live pour le plus grand bonheur des skieurs et surfeurs. Mais le gros événement musical dans la région, c’est Rock The Pistes qui fête cette année sa dixième édition et qui se tiendra du 15 au 21 mars. Pour Les Gets/Morzine, le concert se déroulera à un jet de pierre du restaurant et bar d’altitude Le Vaffieu où la chaleur de l’accueil des clients de Christian et Carole est inversement proportionnelle à celle qui règne sur un télésiège un jour de brouillard… Cette année, c’est Nada Surf qui se produira le 18 mars.

5. la gastronomie

De plus en plus de restaurants proposent, en plus des traditionnelles raclettes, fondues et autre tartiflettes, une vraie gastronomie qui fait la part belle aux produits régionaux. Mais à midi, on avoue qu’un bon jambon de montagne, un morceau de tomme et une baguette croustillante, dégustés au soleil, les fesses dans la neige, ce n’est que du bonheur !

Comment se rendre aux gets

Avion : Les Gets se trouve à 55 kilomètres de l’aéroport de Genève.

En voiture : Cela reste le moyen le plus simple pour rejoindre la station. Attention, assurez-vous que votre hôtel ou votre location dispose d’un parking. Comptez 825 kilomètres au départ de Bruxelles (via le Luxembourg). Soit à peu près neuf heures de route.

Train : Ce n’est pas le moyen de transport le plus simple mais il existe des TGV qui relient Paris à Cluses (4 h 30). Ensuite, un bus vous amènera aux Gets.

Se renseigner

Office de tourisme https://www.lesgets.com/