Vacances Petite balade en Wallonie à la découverte de lieux de recueillement et de spiritualité parfois surprenants.

C’est un livre paru récemment aux éditions Racine qui nous a incités à partir à la découverte des plus belles abbayes de Wallonie. Outre la qualité architecturale des bâtiments ou leur situation, souvent dans des cadres enchanteurs, ces lieux appellent à la méditation et à la réflexion. Inutile d’être croyant pour cela !

Certaines abbayes ont conservé leur fonction première jusqu’à nos jours, même si le nombre de vocations a sérieusement baissé. La première abbaye visitée, à Bois-Seigneur-Isaac, dans le Brabant wallon, avait été fondée entre le Xe et le XIIIe siècle par les Prémontrés, elle est désormais un monastère libanais de l’Ordre maronite dédié à Saint-Charbel. Cette abbaye a conservé une belle chapelle dont l’intérieur ne manque pas d’intérêt, dont les 36 stalles en chêne.

© FLEMAL JEAN-LUC
À quelques bornes de là, la collégiale Sainte-Gertrude de Nivelles, de style roman, se dresse fièrement au cœur de la ville. On oublie souvent qu’à l’origine (à partir du VIIe siècle), il s’agissait d’une abbaye, seule la collégiale nous étant parvenue intacte. Il s’agissait même d’une abbaye mixte, structurée en deux enclos séparés, l’un pour les moines, l’autre pour les moniales. Les bombardements allemands du 14 mai 1940 réduisirent les bâtiments conventuels à néant, seul le cloître (du XIIIe restauré au XIXe) ayant pu être sauvé et inséré dans l’Hôtel de Ville. On observera sur la tourelle sud de la collégiale un jacquemart (un automate) offert à la ville par Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. C’est l’un des trois visibles en Wallonie.

Toujours dans le Brabant, les ruines de l’abbaye cistercienne de Villers constituent l’un des phares touristiques de la région et sont souvent le cadre de spectacles en été. D‘autres abbayes en ruine font la fierté de la Wallonie, et ont parfois retrouvé des fonctions inattendues, comme l’abbaye cistercienne de Cambron, devenue le cœur du parc animalier Pairi Daiza. Plusieurs vestiges sont visibles, à commencer par la haute tour de l’église (54m). Au pied de la tour, une salle souterraine voûtée, sans doute un ancien cellier, ne manque pas d’impressionner, surtout qu’elle est désormais peuplée de chauves-souris. Autres ruines hennuyères, celles d’Aulne accueillent régulièrement des festivals durant l’été.

On doit au fondateur de l’abbaye d’Aulne, Landelin, la création, quelque temps avant, de celle de Lobbes. La collégiale Saint-Ursmer est considérée comme la plus ancienne église de Belgique. Elle constitue l’un des derniers vestiges de l’abbaye avec la brasserie, une porte de l’enceinte, de style Renaissance, et une aile de la ferme abbatiale, non détruite par les révolutionnaires français de 1789-1790 car elle avait une fonction laïque à l’époque.

Direction l’extrême sud du pays où l’abbaye d’Orval est un mélange de ruines et de bâtiments plus récents. Connus pour leur bière et leurs fromages, les moines maintiennent ainsi la devise bénédictine : "Ora et Labora".

© CRESPIN

Trois bonnes raisons de visiter une abbaye

1. Pour les activités qui s’y déroulent

Ainsi, à Floreffe, le festival Esperanzah ! est devenue un rendez-vous incontournable pour les amateurs de World Music. Mais ceux-ci savent-ils la punition terrible qui attendait le moine qui n’arrivait pas à l’heure à table par trois fois ? Il était privé de sa mesure de bière !

2. Devenues centres culturels

Ainsi, en va-t-il de l’abbaye Saint Gérard de Brogne, actuellement Centre vivant de la vigne et du vin belge qui accueille en son sein un musée. À la fois centre didactique afin de relater l’histoire de la culture de la vigne en Belgique, ses cépages, ses AOC, où vous aurez un aperçu sur le travail de la vigne, la fabrication du vin, la symbolique de la vigne, l’importance du terroir, du cépage ainsi que la dégustation, c’est aussi un lieu où il est loisible d’organiser des événements autour du vin belge.

3. Devenues musées

Comme l’abbaye de Stavelot qui, outre ses expositions permanentes sur l’histoire de l’abbaye, de la principauté, mais aussi du circuit de Francorchamps tout proche, propose des expositions temporaires, comme actuellement sur "Didier Comès, l’encrage ardennais", grand nom de la bande dessinée disparu voici six ans (à voir jusqu’au 08/01/2020).