Un conflit social majeur secouait alors Ryanair, conduisant à l'annulation et au retard de 172 vols. "En termes de jurisprudence, c'est important pour nous", a commenté Julie Frère, porte-parole de Test Achats. "Car cela montre que les droits des passagers ne doivent pas être pris à la légère par les compagnies aériennes". Le tribunal a choisi le système d'opt-in, selon Test Achats, autrement dit feront partie du groupe de demandeurs toutes les personnes lésées qui auront explicitement exprimé leur souhait de rejoindre l'action collective.

En cas de succès de l'action, elles pourront bénéficier d'indemnités entre 250 et 600 euros, le montant exact variant en fonction du vol payé, de la prise en charge qui avait été contractée avec Ryanair et de l'hébergement qui a éventuellement dû être réservé.

En raison de ce choix d'opt-in, le tribunal a ordonné à Ryanair d'avertir par mail tous les passagers qui ont été concernés par les annulations de vol lors de l'été 2018, soit environ 30.000 personnes, pour les informer de l'action collective. Celles-ci auront alors trois mois pour manifester leur choix de la rejoindre ou non. Si certaines personnes ne sont pas joignables par mail, Ryanair devra les contacter via courrier recommandé.

Par ailleurs, un expert a été désigné pour contrôler toute cette procédure de prise de contact.

Au-delà de ce délai de trois mois, à compter du jour de la publication de la décision du tribunal, une phase de négociations pourra s'ouvrir endéans six mois, durant laquelle une solution d'indemnisation pourrait être trouvée entre les demandeurs et la compagnie aérienne, sans passer par un procès.

En juillet 2019, l'organisation de consommateurs Test Achats a lancé une action collective contre la compagnie aérienne irlandaise à bas prix Ryanair. En cause, un conflit social majeur chez Ryanair a été à l'origine, en juillet et en août 2018, de l'annulation et du retard de 172 vols. La compagnie a cependant refusé d'indemniser les passagers qui n'ont pas pu prendre leur avion.