Vacances Des voyagistes misent sur le tourisme de "survie".

Profitant du succès d’émissions comme Koh Lanta, des voyagistes misent sur le tourisme de "survie" et les expéditions extrêmes, promettant dépassement de soi et autonomie en milieu hostile le temps d’un week-end ou de plusieurs semaines.

"Plus que de la survie, c’est de la vie. Car c’est une reconnexion à la nature. Dans l’authenticité, on se pose avec soi-même. Et dans la jungle ou au Groenland, c’est encore un autre niveau de déconnexion, pas simplement des vacances comme au Club Med ou au bord d’une piscine" , résume Isabelle Fleschen, qui s’apprête à arpenter en visiteuse les allées du Salon du tourisme Top Resa qui se tient à Paris du 25 au 28 septembre.

Elle a lancé au printemps Terres infinies, un tour-opérateur qui propose des "expéditions survie" dans la jungle thaïe, amazonienne ou guyanaise, ainsi qu’en terre inuite. Des expériences "engagées physiquement et mentalement" , pour "novices" comme pour "sportifs" , à partir de 2.300 euros pour 13 jours, tout compris avec le vol. Au programme, outre plusieurs heures de marche par jour : distillation de l’eau, feu sans allumettes, construction d’un bivouac, randonnée à la machette ou déplacements en pirogue.

Et côté nourriture : "préparation du repas avec ce que vous trouverez" … si vous êtes chanceux avec la pêche au harpon, la pose de pièges ou la cueillette.

"Il y a un travail à faire pour rassurer les gens, car ils ne savent pas s’ils seront capables. Le côté dépassement de soi fait un peu peur, surtout pour les non-sportifs" , même en sachant que chaque groupe est accompagné par un médecin, en plus des guides, souligne Isabelle Fleschen. Mais elle reconnaît qu’ "à force de regarder Koh Lanta et d’autres émissions du même genre, les gens sont très attirés, ils ont envie et ça leur met le pied à l’étrier" .

"Les gens vont de plus en plus vers l’extrême, avec toujours plus de performances, cherchant à faire des choses où ils sont pionniers. On est dans une société qui ne valorise que l’acte. Donc oui, il y a un essor des week-ends de survie et une fascination pour les expéditions " , renchérit Stanislas Gruau, ancien trader qui a lancé début 2018 Explora Project.

Cette agence de voyages propose des "week-ends survie" dans les Alpes - "seul face à la nature, sans tente, ni nourriture ni sac de couchage" - mais aussi des "expéditions extrêmes sans guide". Après plusieurs week-ends de formation, les candidats à l’aventure se lancent, seuls, sur des parcours testés en amont par les experts d’Explora Project, en Islande par exemple.