Vacances Sint-Maarteen et Saint-Martin partagent un destin commun dans les Caraïbes.

Les voiles claquent au vent, le bois craque, les marins tendent les cordes, le bateau fend les vagues de plus en plus vite. Nous sommes sur le Star Flyer, le plus petit bateau à voile de croisière de la compagnie Star Clipper dans les Caraïbes. Il embarque 170 passagers et 74 membres d’équipage. Dans le port de Philipsburg à St. Maarten, il ne payait pas de mine à côté des gros paquebots de croisière qui déversent plus de 3000 personnes sur les pontons, mais une fois en mer, il est bien plus authentique. Pour peu, on se prendrait pour des flibustiers ou des pirates à la recherche de butin. Lorsqu’il déploie ses 16 voiles sur ses trois mats pour s’ébranler, tous les passagers montent sur le pont pour assister à la manœuvre. Et c’est encore plus majestueux la nuit, avec les voiles éclairées et la musique. C’est sans doute un des moments le plus magique de la croisière.

Pendant trois jours, le Star Flyer nous a fait découvrir les îles de Saint-Kitts and Nevis, Saint-Bathélemy et l’île de Saint-Martin. Elles ne sont pas très éloignées les unes des autres et la navigation se fait principalement de nuit. Cela permet de disposer d’un maximum de temps pour découvrir les lieux à son rythme. Saint Kitts and Nevis est l’exemple d’île que l’on peut rencontrer dans les Caraïbes. Tirant principalement ses revenus du tourisme des croisières, de nombreux magasins proposant parfum, bijoux, vêtement aux touristes, principalement américains, s’étalent entre le port et la ville. Il faut un peu s’éloigner pour retrouver le dépaysement.

N’hésitez pas à succomber aux nombreuses propositions de tour de l’île proposé par les habitants locaux pour profiter des paysages, pour par exemple visiter la forteresse de Brimstone Hill, un ensemble fortifié le mieux conservé des Amériques et classé au patrimoine de l’Unesco.

Un bon conseil : marchander le prix. C’est dans la culture locale.

Saint-Barth, Saint-Barthélemy dans sa version longue, est le Saint-Tropez des Antilles. Dans cette collectivité française d’outre-mer, on ne recherche pas le tourisme de masse. On vise le haut de gamme. En témoigne la rue du port de Gustavia où les magasins de luxe s’alignent en face des bateaux de milliardaires. Ici, les habitants ne paient pas d’impôts. C’est, sans doute, aussi l’endroit où roulent le plus de Mini cabriolets au km². Il ne faut pas plus d’une demi-journée pour en faire le tour, le long de la route principale, en bord de mer. Les villas à l’architecture coloniale s’accrochent à la colline pour profiter de la vue. Les plages, peu nombreuses, sont très courtes et peu étendues. Elles ne comportent aucun bar de plage.

Si vous aimez les avions, arrêtez-vous au-dessus de l’aéroport situé en contrebas entre deux collines. Il s’agit d’un des dix aéroports les plus dangereux au monde. Vous verrez les avions passer littéralement au-dessus de votre tête. Odeur et gouttes de kérosène garanties.

À Moha beach à St. Maarten, la partie hollandaise de l’île de Saint-Martin offre aussi une belle plage avec vue sur les avions de ligne qui atterrissent sur l’aéroport Princesse Juliana. Vous avez certainement vu cette image d’un Boeing 747 au-dessus de touristes. C’est ici. Impressionnant.

Sint-Maarteen et Saint-Martin

L’île de Saint-Martin offre deux visages et c’est ce qui la caractérise. D’un côté, St-Maarten la version hollandaise, sur la plus petite partie de l’île. On y parle exclusivement anglais. La monnaie est d’ailleurs le dollar. On y retrouve un tourisme dédié aux croisières et formaté pour la clientèle américaine. Entre magasins, casinos et plages, il y a de quoi les combler. La plus grande plage se trouve juste à côté du port. Transats, parasols et restaurants de plage attendent la vague quotidienne de touristes. Si vous désirez retrouver les sensations de la voile et vivre les émotions intenses de la régate, un détour vers l’activité de 12 metre Regatta . Il s’agit d’une course entre deux bateaux presque identiques à ceux utilisés lors de la course de l’America’s Cup. Vous participerez aux manœuvres afin de faire gagner votre équipe. Aucune compétence en voile n’est nécessaire ; il s’agit surtout de tourner des winchs pour aider l’équipage à la manœuvre. Vous serez éclaboussé par les embruns et époustouflé par la maîtrise du capitaine. Si vous désirez vivre de la voile intense, n’hésitez pas une seconde.

Si vous recherchez encore d’autres émotions, rendez-vous à la Rainforest Adventure, outre un point de vue magnifique sur cette partie de l’île, ce centre propose plusieurs tyroliennes dont le Flying Dutchman, une tyrolienne d’environ 300 mètres de long avec une pente de 42 %.

Saint-Martin est la partie française de l’île. Il s’agit sans doute de l’île la plus anglophone de France. La population y parle anglais et le dollar est accepté comme monnaie. Attention toutefois au taux de change qui est parfois négocié à un dollar pour un euro et qui ne reflète pas le cours du jour. Cette partie est plus grande que la partie hollandaise. Lors du parage de l’île en 1648, les Hollandais ont choisi les ports pour favoriser le commerce maritime. Par contre, les Français étaient des éleveurs et des agriculteurs, ils ont choisi, eux, la partie le moins vallonnée qui leur permettaient de produire plus facilement. Au final, cela donne deux visages très différents à l’île. Si du côté hollandais on construit sur plusieurs étages, du côté français, on essaye de conserver la tradition architecturale des Caraïbes. Étant plus étendue, une grande partie de l’île est restée vierge d’habitation. Les plages sont aussi plus grandes. Orient Beach, par exemple, se déploie sur près de 5 kilomètres. Si vous recherchez un endroit plus calme, allez en excursion sur Pinel Island dans la réserve naturelle protégée. Lors du transfert en bateau, qui ne prend que deux minutes, vous pourrez apercevoir les têtes des tortues qui sortent de l’eau. Une fois arrivé, n’hésitez à monter la colline pour atteindre une des deux plages moins fréquentées et retrouvez le côté nature et sauvage. Par contre elles sont moins protégées des vents et les vagues sont plus fortes.