Enfin ! Le Premier ministre italien Mario Dragi a tranché : les immenses paquebots qui circulaient sur le grand Canal et déversaient leurs centaines de passagers sur les quais de la place Saint Marc, c’est ter-mi-né ! La Sérénissime, le surnom de la cité des Doges, va pouvoir à nouveau justifier sa dénomination. Même si cela n’empêchera pas des millions de touristes de parcourir ses ruelles, de siroter une bière Sans Souci en terrasse ou de dévaliser les boutiques de masques locaux (ou made in China…).

Durant la crise du coronavirus, ces immeubles flottants avaient disparu du paysage et les immenses vagues qu’ils charriaient ne venaient plus grignoter les palazzi qui ont les pieds dans l’eau. Même si Venise est et reste une ville dont la survie dépend en grande partie de la manne du tourisme de masse, elle risque de mourir de cette affluence. Ces dernières années, ce phénomène des paquebots au cœur du Grand Canal non seulement choquait au niveau purement esthétique mais avait débouché sur une guerre entre les pro et les anti. Ces derniers mettant clairement en avant les dégâts causés par ces monstres sur les maisons vénétiennes.

Même si les autorités ont longuement hésité à trancher dans le vif, la menace venant de l’UNESCO a sans doute fait pencher la balance. Désignée Patrimoine mondial en péril, Venise bénéficie de subsides afin de contrer les affres d’une situation géographique unique au monde. L’organisation internationale a clairement fait comprendre que ce statut pouvait être remis en cause si l’Italie ne prenait pas des dispositions.

Sans oublier l’accident survenu en juin 2019 lorsqu’un paquebot est devenu fou et a foncé tout droit vers un quai, le défonçant et s’arrêtant à quelques mètres à peine du Palais des Doges. Ce fut le déclic pour que la ligne rouge ne soit pas franchie.

Dès le 1er août, seuls de " petits navires " de 200 passagers et maximum 180 mètres de long pourront accoster. Les mastodontes devront débarquer leurs touristes au port industriel de Marghera à un quart d’heure du Pont des Soupirs.