Vacances Connue surtout pour ses plages, l’île Maurice possède une nature luxuriante et parfois très surprenante.

Allongé sur la plage au lever du soleil, bercé par le bruit du vent dans les cocotiers et des vagues qui s’écrasent inlassablement sur la barrière de corail, le thermomètre agréablement bloqué sur 23 degrés, les doigts de pied en éventail doucement caressés par une légère brise, le cliché de carte postale est presque parfait. Même un stakhanoviste serait incapable de penser au boulot dans ce décor de rêve. Les pensées voguent vers ceux qu’on aime, avec qui on aimerait tant partager ce moment hors du temps.

"Il fait froid, hein !", lance soudain un jeune Mauricien, en train de balayer le sable pour supprimer toute trace de pas. Cela ressemble à une blague, mais pas du tout : il est réellement transi. Et frotte avec vigueur pour se réchauffer. Le surréalisme nous suit décidément partout.

Quelques mètres plus loin, il ramasse des déchets. "La pollution, c’est le véritable problème de l’île. Trop de gens jettent leurs poubelles n’importe où. Et il y a bien plus de voitures que d’habitant. C’est trop."

Casquette sur le front, crème solaire et produit antimoustiques à portée de main (tous trois indispensables sous ce climat tropical), on peut constater lors d’une balade à vélo la véracité de ses propos. Les routes sont étroites, très sinueuses, et les véhicules se suivent sans discontinuer. Sur les chemins de terre ou de sable le long des plages, l’impression de sécurité se révèle nettement plus importante. Et avec l’assistance électrique, c’est sans trop d’effort qu’on prend la direction du Morne Brabant, un pic rocheux classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Un lieu hautement symbolique. C’est là que des esclaves en fuite se sont suicidés collectivement en voyant arriver des soldats, sans savoir qu’ils venaient leur annoncer l’abolition de l’esclavage dans l’île. En leur mémoire, le 1er février est désormais férié à Maurice.

Après l’effort, le réconfort. Direction Chamarel, réputé pour sa plantation de café (unique sur l’île), son rhum (la visite de la fabrique coûte 10 € mais donne droit à un apéro en plus de la dégustation de neuf sortes de rhum) et, surtout, son site géologique unique, la Terre de sept couleurs. En fait, des dunes de roches volcaniques dans lesquelles les métaux, comme le fer et l’aluminium, se sont repoussés pour former des bandes chamarrées qui vont du jaune au violet, en passant par le rouge, le brun, le vert, le bleu et le mauve. Aucune végétation n’y pousse, alors que quelques mètres plus loin, des tortues géantes se délectent de la nature luxuriante.

Pour les amoureux des plantes, un détour par le Jardin de Pamplemousse, bien plus au Nord, s’impose. Hors saison, les nénuphars géants ne sont pas en fleurs, les lotus rose non plus, mais les lotus blancs, l’immense baobab et les 80 espèces de palmiers réparties autour des bassins aquatiques valent le coup d’œil.

On n’en dira pas nécessairement autant de la fabrique de thé Bois Chéri (rien à voir à part une locomotive qui servit de chaudière), où l’on déguste des thés… en sachet (une aberration pour les amateurs). Ni de la chute de Black River (à peine visible depuis le point de vue sur la vallée). En matière de cascade, mieux vaut privilégier Alexandra Falls et ses arbres à papyrus d’une douceur étonnante. Et pour le côté sauvage, la plage Gris Gris (une des rares non protégées par la barrière de corail) mérite très largement le déplacement.

Côté bâtisse, le château de Labourdonnais offre un bel aperçu de l’architecture coloniale, avec ses magnifiques galeries extérieures, sa salle de réception entièrement peinte de scènes de chasse, ses parquets grinçants, son atmosphère d’une autre époque et son allée qui n’est pas sans évoquer le film de Quentin Tarantino, Django Unchained.

Dans un autre registre, mais tout aussi dépaysant, le marché de Port Louis, la capitale, s’impose comme un must. Les jeans s’y vendent 2,50 €, les faux maillots des grands clubs de foot moins de 4 €, mais les épices peuvent s’y échanger à prix d’or si on ne fait pas bien les conversions (40 roupies pour un euro). Négocier y fait figure de sport national. Dont personne ne sort perdant, même lorsque la vente se fait à la moitié du prix initial.

Le panier rempli de fruits et légumes, il faut le garder pour la plage. Histoire de les savourer vers 18h, lors du coucher de soleil. Là, on se sent vraiment privilégié.

S’il reste un peu de temps, un détour jusqu’au Paradise Cove Boutique Hotel s’impose. Non seulement le palace est magnifique, avec ses piscines qui semblent plonger dans l’océan, mais en plus, à l’entrée, une multitude d’oiseaux jaunes bâtissent leur nid dans des palmiers, à quatre mètres du sol. Un spectacle magnifique. À l’image d’une île réellement paradisiaque.

Le succès des hôtels 5 étoiles

Si les Anglais, les Français et les Allemands dominent largement, dans cet ordre, le classement des touristes en vacances sur l’île Maurice, les visiteurs présentent souvent un profil identique. Ils viennent pour la plupart en couple, et principalement en voyage de noces. Logique : nombre d’hôtels 5 étoiles offrent des réductions conséquentes (jusqu’à 40 %) aux jeunes mariés (dans les douze mois précédant leur venue).

Pour eux ou les amoureux désireux de renouveler leurs vœux, Le Telfair Heritage propose une suite à 460 € par jour, avec accès direct à la plage, lit à baldaquin, salle de bain géante et douche extérieure. Au Lux Le Morne, magnifiquement coincé entre l’océan et la montagne la plus emblématique du Sud de Maurice, une semaine hors saison revient à 3 267 € pour deux personnes. Avec le spa et des cadeaux offerts pour les tourtereaux. Au Nord, sur le mal nommé Cap Malheureux, le Paradise Cove Boutique Hotel, réservé aux adultes, propose sa semaine à 2 446 € pour deux personnes, avant réduction pour les nouveaux époux. L’une des trois piscines à débordement, avec vue sur l’océan, vaut à elle seule le déplacement. Tout comme la dégustation gratuite de rhum, au coucher du soleil.

Dans ces trois palaces situés à quelques mètres de la plage et de l’eau, impossible de ne pas se sentir privilégié. Où que se pose le regard, il y a toujours de l’eau, des palmiers, des oiseaux multicolores, du sable fin et des bâtiments joliment intégrés dans la nature.

Du rêve destiné uniquement aux millionnaires, se dit-on. Mais à notre grande surprise, ces trois établissements de très grand luxe, que nous avons visités, étaient soit sold-out, soit quasiment remplis, et cela hors saison. C’est dire si la formule rencontre du succès. D’évidence, quand on s’aime, on ne compte pas.

5 bonnes raisons de venir à Maurice

Les plages paradisiaques

Elles constituent l’atout numéro un de l’île. De sable fin, elles semblent toutes destinées à être immortalisées sur des cartes postales. Le week-end, les Mauriciens viennent y pique-niquer en famille, sous les cocotiers.

La météo

Toute l’année, les températures se situent entre 20 et 30 degrés en moyenne. Autant dire qu’on peut oublier son pull. Les périodes les plus chaudes, les plus fleuries mais aussi les plus touristiques et les plus humides, se situent de décembre à avril.

La barrière de corail

Elle cerne une grande partie de l’île, ce qui permet de nager dans l’eau (délicieuse) sans risque de croiser des requins. Voir et, surtout, entendre les vagues s’écraser sur cet obstacle naturel constitue un ravissement pour les yeux et les oreilles.

Le poulet à la vanille

Très influencée par l’Asie et principalement l’Inde (les hindous sont majoritaires sur l’île), la cuisine mauricienne met, fort logiquement, en valeur les épices et les légumes comme les lady fingers ou les courgettes serpent. Attendez-vous à une explosion de saveur en bouche. Et gardez une petite place pour le poulet à la vanille, juste succulent, mais aussi pour les bananes flambées.

Le coucher de soleil sur l’océan indien

L’expérience zen par excellence. Le dégradé de couleurs, lorsque quelques nuages bourgeonnent dans le ciel, offre un moment de relaxation inégalable. Et si, en plus, le spectacle se savoure en dégustant des oursins avec une coupe de champagne, c’est juste divin.