Vacances La décision risque de faire du bruit et jurisprudence. L'Italie a condamné Ryanair et Wizz à de lourdes amendes pour leur politique payante de bagage cabine, jugée illégale.

L'autorité de la concurrence italienne a infligé jeudi une amende de trois millions d'euros à la compagnie aérienne à bas coûts Ryanair et d'un million d'euros à son homologue Wizz Air pour leur politique controversée de bagage cabine payant. Depuis le 1er novembre dernier, Ryanair et Wizz Air n'autorisent plus gratuitement en cabine qu'un petit sac pouvant être placé sous le siège, réclamant un supplément pour les petites valises à bord.

L'Antitrust italien a fait état d'une "pratique commerciale incorrecte, dans la mesure où elle trompe le consommateur sur le prix effectif du billet en n'incluant pas dans le tarif de base un élément essentiel du contrat de transport aérien qui est le 'grand bagage à main'".

"L'enquête a montré qu'il est dans les habitudes de consommation de la quasi-totalité des passagers de voyager avec un grand bagage à main", a noté l'autorité dans son communiqué.

En demandant un supplément entre 5 et 25 euros par bagage à main, "les deux entreprises ont procédé à une augmentation du prix du billet de manière non transparente", a estimé l'Antitrust, en demandant à Ryanair et Wizz Air de lui communiquer dans les 60 jours les mesures adoptées pour obtempérer à sa décision.

L'Antitrust, saisie par des associations de consommateurs italiennes, avait ouvert une enquête en septembre et octobre après les annonces faites par ces compagnies.

Le 31 octobre, elle leur avait demandé de suspendre leur nouvelle politique, en vain.

En dévoilant sa nouvelle politique, l'irlandaise Ryanair avait souligné vouloir réduire les délais à l'embarquement en incitant davantage de passagers à enregistrer leurs bagages en soute. De son point de vue, les retards seraient en conséquence moins nombreux, ce qui profiterait in fine aux voyageurs.

La compagnie hongroise Wizz Air avait estimé pour sa part que sa nouvelle politique était "transparente et équitable pour tous". "Nos passagers continueront à payer uniquement pour les services qu'ils veulent utiliser", avait-elle ajouté.