2020 a été la pire année pour le tourisme européen depuis 30 ans. Dans l’ensemble des pays du continent, les arrivées ont baissé de 51 à 85 %, un chiffre qui se situe même entre 70 et 79 % pour un tiers des pays membres. Des chiffres qui ne surprennent malheureusement plus avec toutes les mesures que nous avons connu, et les premiers mois de 2021 ne s’annoncent pas plus roses.

Et à l’heure où on évoque les premiers assouplissements dans les semaines à venir, que la fermeture des frontières belges est prolongée (pour le moment) jusqu’au 1er avril et que l’Allemagne a elle aussi pris des mesures pour se protéger des variants étrangers, difficile de voir le bout du tunnel avec optimisme. “Malgré les défis de distribution qui ont tourmenté l’UE ces dernières semaines, le déploiement de vaccins dans toute l’Europe et l’amélioration des régimes de test et de traçage laissent espérer un assouplissement des restrictions de voyage en 2021”, relève néanmoins le rapport de l’ETC.

Et son directeur exécutif, Eduardo Santander d’évoquer le scénario le plus probable dans les mois à venir. “Nous pensons que le lent redémarrage des voyages peut être attendu au printemps dans toute l’Europe avec un retour progressif à la ‘nouvelle normalité’ jusqu’à l’été et l’automne 2021. Un retour au voyage se fera cependant avec de nouvelles habitudes de consommation, appelant à une forte adaptation et réponses agiles du secteur du tourisme. Garantir des opportunités de voyage sûres devrait devenir une priorité pour les destinations, car les voyageurs potentiels sont susceptibles de voyager plus lentement, plus près de chez eux et vers des destinations moins connues.

Le message est donc assez clair, nous devrions vivre un été comme celui de l’année passée, avec des voyages au sein de l’Union européenne et des restrictions à envisager en fonction de la circulation du virus à l’un ou l’autre endroit du continent. Tout cela pour envisager une année 2022 similaire à ce que nous connaissions avant la pandémie ? Rien n’est moins sûr puisque la Commission européenne du Tourisme évoque plutôt un retour à la normale dans… 2 ans. “Le retour aux modèles typiques de demande de voyages internationaux sera progressif, les niveaux de 2019 devraient revenir d’ici 2023.

Et au classement des pays ayant enregistré le moins d’arrivées l’an dernier on retrouve le Monténégro en tête (-85 %), Chypre (-84 %) ou la Roumanie (-83 %). À titre de comparaison, l’Espagne a enregistré une baisse de 77 % et l’Autriche est le pays qui s’en sort le “mieux” avec une baisse de 53 %.