Les codes couleurs pour les voyages à l’étranger, voilà encore un casse-tête bien belge ! Depuis la fin du mois de juillet, les affaires étrangères ont mis sur pied ce fameux système visant à réguler les voyages des Belges au sein de l’Union européenne.

Si l’idée était bonne et mise en place dans les autres pays de l’Union, on connaît tous le résultat en pratique… Entre une cacophonie au départ et des changements incessants, les voyageurs en ont perdu leur latin. Il faut bien dire que certaines décisions s’expliquent assez facilement mais d’autres restent floues. Que dire quand un pays comme la France classe un de ses départements en vert et que la Belgique décide de son côté de le placer en orange ? C’est là tout le problème : il n’y a pas d’harmonisation des mesures au niveau européen.

La Commission européenne demande aux pays de respecter la libre circulation des personnes mais chaque pays reste maître de ses frontières. D’où les problèmes que l’on rencontre actuellement. Pourtant, l’Allemagne compte bien passer à la vitesse supérieure.

À la présidence du Conseil de l’Europe jusqu’au 31 décembre prochain, nos voisins veulent pousser pour une uniformisation des décisions et du code couleur. Un avis partagé par le commissaire européen Didier Reynders, au micro de LN24. "Il faut que tous les pays adoptent les mêmes critères, les mêmes zones et les mêmes couleurs. On pourrait aussi imaginer une prise de décision commune une fois par semaine, par exemple le jeudi pour une mise en application le lundi, lance-t-il. Il faut arriver à un minimum de coordination entre les pays, ce serait quand même normal."

En pratique, l’idée serait donc d’imaginer l’Europe comme un grand pays avec des zones rouges, orange et vertes communes à toutes les régions.

Une volonté qui doit encore se traduire par un accord, ce qui n’est jamais chose aisée. Une note a été proposée au début du mois aux États membres, mais aucun timing n’a encore été évoqué pour la mise en application.

La Belgique continue donc son système actuel, qui en revient presque à une fermeture des frontières puisque seules quelques régions d’Europe sont accessibles librement aux touristes. "Pendant ce temps-là, un pays comme l’Allemagne organise des ponts aériens avec les Baléares et envisage déjà l’autorisation de voyager vers 160 pays à travers le monde", souffle Anne-Sophie Snyers, secrétaire générale de l’Upav, l’Union professionnelle des agences de voyages.