La levée des restrictions sanitaires en Chine provoque des contrôles de précaution dans le monde

<p>Des employés de l'aéroport de Rome–Fiumicino, vêtus de costumes protecteurs, aident des voyageurs arrivant de Chine, après les avoir testés pour le Covid, le 29 décembre 2022</p>

La France et le Royaume-Uni ont rejoint vendredi un nombre croissant de pays ayant décidé d'imposer des contrôles aux passagers en provenance de Chine, après la levée par Pékin de restrictions anti-Covid, une précaution jugée "compréhensible" par l'OMS, qui a rencontré des responsables chinois.

En dépit d'une recommandation d'une agence européenne pour la santé, le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC), jugeant "injustifié" un dépistage dans l'UE au vu du niveau d'immunité en Europe et de la présence des mêmes variants du Covid-19 qu'en Chine, Paris et Madrid ont décidé de prendre des mesures de contrôle.

Trois ans après l'apparition des premiers cas de coronavirus à Wuhan (centre), la Chine a mis fin le 7 décembre à sa politique draconienne dite du "zéro Covid".

Elle a permis depuis 2020 à la population d'être largement protégée du virus, grâce à des tests de dépistage généralisés, un suivi strict des déplacements mais au prix de confinements et quarantaines obligatoires dès la découverte de cas.

Ces mesures extrêmes, qui isolaient largement la Chine du reste de la planète, lui ont porté un rude coup et ont provoqué en novembre des manifestations de mécontentement inhabituelles.

Depuis la levée des restrictions, les hôpitaux chinois sont submergés par une déferlante de malades pour la plupart âgés et vulnérables car peu ou pas vaccinés, tandis que nombre de pharmacies manquent de médicaments contre la fièvre.

- Rencontre OMS/Chine -

En dépit de ce rebond épidémique, les autorités vont cesser le 8 janvier les quarantaines obligatoires à l'arrivée en Chine et autoriser les Chinois à voyager à l'étranger, après trois ans de frustrations.

Par précaution, les Etats-Unis et plusieurs autres pays, dont l'Italie, le Japon et Israël, ont annoncé qu'ils exigeraient des tests négatifs des passagers en provenance de Chine. La Corée du Sud a pris vendredi une décision similaire, effective jusqu'en février 2023.

<p>Un patient atteint du Covid dans un couloir de l'hôpital de Tangshan (nord-est de la Chine), le 30 décembre 2022</p>

La France et le Royaume-Uni ont dans la foulée annoncé avoir euxaussi décidé d'imposer aux voyageurs embarquant en Chine de présenter au départ de leur avion un test négatif réalisé moins de deux jours avant. Cette décision s'appliquera à partir du 5 janvier au Royaume-Uni, dans les premiers jours de janvier en France.

L'Espagne a prévu de son côté d'exiger "un test négatif" ou "un schéma complet de vaccination" pour les voyageurs arrivant de Chine.

Illustrant les divisions en Europe sur la réponse à apporter à la nouvelle situation en Chine, l'Allemagne a plaidé pour sa part en faveur d'une surveillance des variants du Covid dans les aéroports européens, sans aller jusqu'à imposer des tests. La Suisse a déclaré vendredi ne pas prévoir de renforcer ses contrôles des voyageurs en provenance de Chine.

Les mesures de précaution prises par plusieurs Etats sont "compréhensibles" au vu du manque d'informations fournies par Pékin, a estimé le chef de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus. "En l'absence d'informations complètes venant de Chine, il est compréhensible que des pays prennent les mesures dont ils pensent qu'elles protègeront leurs population", a-t-il déclaré.

Pékin a rétorqué que ses statistiques sur la progression du Covid avaient toujours été transparentes.

<p>(archives) L'équipage d'un avion en provenance de Chine arrive à l'aéroport de Los Angeles, le 3 décembre 2021</p>

"Depuis l'apparition de l'épidémie, la Chine partage des informations et des données fiables avec la communauté internationale, dont l'OMS, d'une façon ouverte et transparente", a assuré un porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois, Wang Wenbin.

Vendredi, seuls 5.515 nouveaux cas et un décès ont été annoncés par le Centre chinois pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC). Des chiffres qui ne semblent toutefois plus refléter la réalité, les dépistages généralisés n'étant plus obligatoires.

L'OMS a annoncé vendredi soir avoir rencontré des responsables chinois pour évoquer la flambée épidémique. "L'OMS a de nouveau demandé le partage régulier de données spécifiques et en temps réel sur la situation épidémiologique, notamment davantage de données sur le séquençage génétique et sur l'impact de la maladie, y compris les hospitalisations, les admissions dans les unités de soins intensifs et les décès", a avancé l'agence sanitaire des Nations unies dans un communiqué.

Elle a aussi réclamé des données sur les vaccinations effectuées et le statut vaccinal, en particulier chez les personnes vulnérables et les plus de 60 ans, a ajouté l'OMS.

- "Se protéger" -

La Chine maintient ses frontières largement fermées aux ressortissants étrangers depuis 2020.

<p>Des passagers dans un terminal de départs à l'aéroport international de Pékin, le 29 décembre 2022</p>

Elle ne délivre plus de visas touristiques depuis bientôt trois ans et impose une quarantaine obligatoire à l'arrivée. Cette mesure d'isolement sera levée le 8 janvier mais un test de dépistage de moins de 48 heures sera exigé.

A l'aéroport international de Pékin-Capitale, la plupart des Chinois interrogés jeudi par l'AFP se montraient compréhensifs à l'égard des mesures prises vis-à-vis de leur pays.

"Chaque nation a ses propres inquiétudes et sa manière de se protéger", a commenté Huang Hongxu, 21 ans, soulignant que la propagation possible de nouveaux variants était source d'inquiétudes. Sous couvert d'anonymat, un autre voyageur a cependant jugé ces mesures "inutiles".

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