Rassemblement en banlieue parisienne pour dénoncer la tentation du jihad en Syrie

<p>L'avocate Agnes Dufetel Cordier qui défend l'un des deux jeunes de Toulouse partis pour la Syrie le 6 janvier et rapatriés.</p>

Des imams et représentants d'associations, réunis samedi à Montreuil, en banlieue parisienne, ont dénoncé le "lavage de cerveau" de jeunes musulmans qui partent faire le jihad en Syrie, phénomène qui va en s'amplifiant, selon le gouvernement.

Nadine D., 38 ans, dont le fils de 17 ans vient de partir en Syrie, a raconté son désarroi devant une cinquantaine de participants au colloque.

"Ca fait un mois qu'il est parti en Syrie. J'ai une souffrance", a-t-elle affirmé, baissant la tête pour cacher ses pleurs.

Cette habitante de Nice a raconté à l'AFP que son fils B., n'avait jamais laissé entendre qu'il songeait à partir en Syrie.

"Il ne mangeait plus avec nous, mais dans sa chambre, depuis six mois" et passait son temps sur internet et à jouer à la Playstation, a-t-elle raconté. Elle pense qu'il est parti avec trois amis, dont un autre mineur.

Son fils l'a appelée plusieurs fois depuis la Syrie, y compris vendredi, pour lui dire: "ne t'inquiète pas. Je suis bien", a-t-elle raconté. Il a dit vouloir "apprendre la religion et aider les enfants".

Mais elle ne sait pas s'il a la possibilité de rentrer. Chaque fois que "je le lui demande j'ai l'impression de l'agacer".

700 personnes parties de France

Selon Bernard Godard, "Monsieur Islam" au ministère de l'Intérieur, attaché au bureau central des cultes, le phénomène "est en train de prendre de l'ampleur" et touche quelque 700 personnes en France, dont au moins 40 sont actuellement en Syrie.

Leur recrutement se fait "sur internet et dans la rue" plutôt que dans les mosquées, a affirmé Latifa Ibn Ziaten, mère du premier parachutiste abattu en mars 2012 par Mohamed Merah à Toulouse.

"Certains profitent du lavage de cerveau" de ces jeunes pour les envoyer combattre", notamment en Syrie, a-t-elle ajouté.

Pour l'imam Hassen Chalghoumi, président de la Conférence des imams de France qu'il a lui même créée, le gouvernement doit agir contre ces dérives.

"Il y a des sites internet gangrenés qu'on doit fermer", a-t-il affirmé, dénonçant la "lâcheté" de la Turquie qui laisse les jeunes passer pour aller en Syrie.

En visite dans les Yvelines, le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a estimé samedi que "la mobilisation de la société, des parents et du culte" est importante pour lutter contre cette radicalisation.

"Le fait qu'il y ait des individus, des jeunes, des très jeunes, voire des mineurs qui partent en Syrie dans des groupes terroristes, est pour moi un sujet de très grande préoccupation qui mobilise déjà nos services de renseignement", a-t-il affirmé. Il présentera à cet effet "une série de mesures" au président François Hollande dans quelques jours.

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