Mince espoir d'un accord au Congrès américain sur un encadrement limité des armes

Camille CAMDESSUS
<p>Un mémorial de fortune pour les victimes de la tuerie d'Uvalde, au Texas, le 31 mai 2022</p>

Sous pression pour agir après l'effroyable tuerie du Texas, des élus du Congrès américain s'affairaient jeudi à trouver un accord sur un encadrement limité des armes à feu avec, pour la première fois depuis des années, un mince espoir de réussite.

Depuis le début de la semaine et alors qu'Uvalde enterre ses 19 enfants et 2 enseignantes tués, un groupe de sénateurs mène des discussions quotidiennes à la recherche d'un compromis sur ce sujet ultra-sensible.

Joe Biden, qui pousse depuis des années pour l'adoption d'une loi nationale ambitieuse sur la question, prendra la parole à 19H30 (23H30 GMT) "sur la nécessité pour le Congrès d'adopter des lois de bon sens pour lutter contre l'épidémie de violence par arme à feu", a annoncé la Maison Blanche.

Le président américain avait promis pendant sa campagne d'agir contre ce fléau que les gouvernements successifs ont jusqu'à présent été impuissants à endiguer. Mais l'étroite majorité de son parti au Congrès ne lui permet pas d'adopter seul une telle législation.

- L'après Sandy Hook -

<p>Graphique représentant les jours où au moins une fusillade de masse a eu lieu aux Etats-Unis, depuis 2014, selon Gun violence archive</p>

Tout le défi est donc de trouver des mesures qui pourraient obtenir l'aval de dix sénateurs républicains, indispensable en raison de la majorité qualifiée au Sénat.

Mais dans un pays où plus de 30% des adultes possèdent au moins une arme à feu, les conservateurs s'opposent vivement à toute mesure qui pourrait aller à l'encontre des droits "des citoyens respectueux de la loi".

Les discussions au Sénat tournent donc pour le moment autour de propositions limitées, comme la vérification des antécédents judiciaires ou psychologiques des acheteurs d'armes individuelles, ce que des associations réclament depuis des années.

<p>Barack Obama, alors président des Etats-Unis, sèche ses larmes après la fusillade dans l'école primaire de Sandy Hook, le 14 décembre 2012</p>

Elles sont pilotées par le sénateur Chris Murphy, représentant l'Etat du Connecticut, à jamais marqué par la fusillade de Sandy Hook , le 14 décembre 2012, quand un déséquilibré de 20 ans avait tué 26 personnes, dont vingt enfants.

Quelques heures après ce drame, Barack Obama alors président, avait déjà imploré en larmes le Congrès à "agir sérieusement afin d'empêcher de nouvelles tragédies".

Mais les projets de loi présentés à l'époque avaient été combattus par le très puissant lobby des armes, la National Rifle Association (NRA), et avaient été mis en échec quelques mois plus tard.

Depuis, pratiquement rien n'a bougé, hormis des mesures locales prises par des villes ou des Etats. Et une certaine forme de cynisme a commencé à gagner les mouvements citoyens qui dénoncent les tueries récurrentes dans les écoles, les lieux de cultes, ou dans des hôpitaux, comme celle à Tulsa mercredi, qui a fait quatre morts.

- "Anti-américaines" -

<p>Le sénateur américain Chris Murphy, qui tente de trouver un compromis sur un meilleur encadrement des armes à feu, au Congrès, le 26 mai 2022</p>

Les négociations en cours au Sénat pourraient-elles toutefois réussir là où toutes les autres ont échoué?

"Il y a un élan de plus en plus puissant pour que nous parvenions à faire quelque chose", a assuré le sénateur Chris Murphy sur Twitter. "Et nous avons convenu d'un plan pour continuer à travailler".

Le sénateur républicain Pat Toomey a lui aussi fait part de son "optimisme".

En parallèle, des élus de la Chambre des représentants débattaient jeudi sur un autre grand projet de loi qui interdirait lui la vente de fusils semi-automatiques aux moins de 21 ans et celle des chargeurs à grande capacité.

Ces mesures qui seront soumises à un vote à la Chambre la semaine prochaine ont déjà été qualifiées d'"inefficaces", "irréfléchies" et "anti-américaines" par un groupe de républicains. Et il paraît donc impossible qu'elles puissent être adoptées au Sénat.

Participant virtuellement à ces débats depuis sa circonscription de Floride, un élu fortement opposé à ces mesures a agité ses armes face caméra, fustigeant qu'il ne puisse pas sous cette loi se servir du pistolet qu'il porte avec lui tous les jours "pour se défendre et protéger sa femme".

"J'espère que ce pistolet n'est pas chargé", lui a lancé l'élue démocrate Sheila Jackson Lee.

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