La chaleur se déploie sur la France par le Sud-Ouest

Amélie BOTTOLLIER-DEPOIS
<p>Sol craquelé par la sécheresse dans le vignoble de Saint-Emilion, en Gironde, le 1er juin 2022</p>

La vague de chaleur exceptionnelle et précoce qui va frapper la France jusqu'au week-end arrive dès mardi par le Sud-Ouest, dans un contexte inquiétant de sécheresse et de risques d'incendies.

Avec l'arrivée d'air chaud venu du Maghreb en passant par l'Espagne qui suffoque déjà, le Sud-Ouest du pays sera touché en premier dès mardi avec des températures entre 34 et 36°C, mais c'est toute la France qui sera frappée progressivement d'ici le week-end.

Signe sans équivoque du réchauffement de la planète, les vagues de chaleur se multiplient et s'intensifient un peu partout dans le monde et la France n'est pas épargnée.

Encore une fois, le mercure va s'affoler cette semaine: 35°C à 39°C attendus lors du pic entre jeudi et samedi dans la moitié Sud, avec des pointes à plus de 40°C localement dans le Sud-Ouest, selon Météo-France. Et entre 30°C et 35°C dans la moitié Nord vendredi et samedi.

Assurant être "pleinement mobilisée", la Première ministre Elisabeth Borne a annoncé une réunion mardi des préfets et des agences régionales de santé, pour s’assurer "que tous les dispositifs sont en place".

Le pays a déjà connu des températures plus exceptionnelles en juin. Le record absolu pour la France métropolitaine date d'ailleurs de juin 2019, avec 46°C à l'ombre à Vérargues (Hérault) mais c'était à la toute fin du mois (28 juin).

"C'est la première fois qu'on va voir une vague de chaleur aussi tôt et on pourrait atteindre 40°C pour la première fois aussi tôt dans la saison", a indiqué mardi à l'AFP Olivier Proust, prévisionniste à Météo-France.

<p>Une partie du lit de la Loire asséché, à Ancenis, le 11 août 2020</p>

Un caractère précoce aggravant pour les organismes. "La durée du jour est plus longue donc la période plus fraîche est plus courte", note Olivier Proust, évoquant aussi les conséquences sur les écoles encore ouvertes, contrairement aux vagues de chaleur de juillet ou août.

Dans une école maternelle du quartier des Chutes-Lavie, à Marseille, une enseignante a relevé une température de 30°C dans sa classe dès lundi. "On est plein sud donc on ne pouvait même pas ouvrir les fenêtres pour aérer, c'était pire", a-t-elle expliqué à l'AFP, armée d'un brumisateur pour rafraîchir ses élèves.

Cette vague de chaleur intervient après un printemps particulièrement chaud et sec qui a provoqué sur une grande partie de l'Hexagone une sécheresse des sols qui fait craindre pour les récoltes et crée des conditions propices aux incendies.

- "été de tous les dangers" -

Dans ce contexte, 36 départements ont mis en place des restrictions d'utilisation de l'eau.

Et alors que Météo-France table sur un été chaud et sec, le porte-parole de la Fédération des sapeurs-pompiers de France Eric Brocardi a mis en garde mardi sur franceinfo contre un "été de tous les dangers".

Lundi, le Gard a déjà connu plusieurs départs de feu importants, brûlant notamment 60 bungalows dans l'un des plus grands campings d'Europe.

<p>La France va affronter cette semaine une nouvelle vague de chaleur particulièrement précoce</p>

Les fortes chaleurs qui s'annoncent sont particulièrement risquées pour les personnes âgées, les personnes vulnérables ou les nourrissons, mais aussi pour les travailleurs en extérieur.

En Occitanie, sur les chantiers de travaux publics, particulièrement exposés, les entreprises ont mis en œuvre des mesures spéciales: le bitume est coulé le matin plutôt que l'après-midi, les horaires sont aménagés, les pauses plus fréquentes, des bouteilles d'eau sont mises à disposition des ouvriers, invités à humidifier leurs vêtements, détaille Julien Blanc-Galera, de la Fédération régionale des travaux publics.

Et c'est aussi dans cette chaleur étouffante que plus de 500.000 lycéens de terminale vont plancher mercredi pendant 4 heures sur l'écrit de philo.

Météo-France qualifie cet épisode de "vague de chaleur", ce qui correspond à des températures élevées pendant plusieurs jours consécutifs (l'indice thermique national doit atteindre 25,3°C au moins un jour durant l'épisode, être supérieur à 23,4°C pendant au moins trois jours et ne pas descendre une seule fois sous 22,4°C).

Mais il est probable que le seuil de "canicule", qui prend en compte le danger que la chaleur de jour comme de nuit représente pour la population, soit atteint dans plusieurs départements à partir de jeudi. Des vigilances orange canicule pourraient ainsi être déclenchées d'ici la fin de la semaine sur certains départements.

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