Afghanistan: un mort dans l'attaque d'un temple sikh à Kaboul

Qubad WALI
<p>Des talibans dans une rue de Kaboul après une attaque, en novembre 2021 en Afghanistan</p>

Un membre de la communauté sikh a été tué et sept autres ont été blessés samedi à Kaboul, la capitale de l'Afghanistan, dans l'attaque d'un temple sikh par des hommes armés, selon le ministère de l'Intérieur.

Vers 06H30 (03H00 GMT), des hommes armés sont entrés dans ce temple sikh, situé dans l'ouest de la ville, en attaquant "à la grenade un gardien", a indiqué le porte-parole du ministère de l'Intérieur, Abdul Nafi Takor, dans un communiqué.

Un membre de la communauté sikh a été tué et sept autres ont été blessés, selon le porte-parole.

Des combattants talibans sont rapidement intervenus sur les lieux et l'un d'eux a été tué, a précisé le porte-parole, ajoutant que "deux assaillants ont été tués pendant l'intervention" des forces talibanes.

Quelques minutes après l'attaque, une voiture piégée a explosé à proximité du temple, sans faire de victime, a également indiqué Abdul Nafi Takor.

"J'ai entendu des coups de feu et des explosions provenant du (temple sikh)", a déclaré à l'AFP Gurnam Singh, un chef de la communauté sikh à Kaboul.

"Généralement, à cette heure du matin, nous avons plusieurs fidèles sikhs qui viennent prier au temple", a-t-il ajouté.

Selon des talibans, des fidèles ont pu s'échapper par une porte arrière de l'édifice.

Un incendie s'est déclaré dans le temple après l'attaque. Des vidéos sur les réseaux sociaux ont montré un panache de fumée noire s'élevant au-dessus du site et on peut entendre des coups de feu.

D'autres vidéo montrent les murs et le plafond de la salle de prière noircis par le feu.

Un immeuble tout proche a également été en partie brûlé, et des fenêtres de maisons ont été soufflées par l'explosion de la voiture piégée, a constaté un journaliste de l'AFP.

D'autres temples sikhs de Kaboul ont été fermés par sécurité.

Le ministre indien des Affaires étrangères, S. Jaishankar, a condamné dans un tweet "l'attaque lâche" de samedi.

Celle-ci survient quelques jours après la visite d'une délégation indienne à Kaboul, pour discuter avec le gouvernement taliban de la distribution de l'aide humanitaire apportée par Delhi à l'Afghanistan.

La possibilité de rouvrir l'ambassade indienne dans la capitale afghane a aussi été évoquée.

- Déjà victimes d'attaques -

New Delhi, qui entretenait des relations étroites avec le précédent gouvernement afghan soutenu par les États-Unis, a fermé sa mission à Kaboul lors de la prise du pouvoir des talibans le 15 août dernier.

Environ 200 Sikhs vivent en Afghanistan - un pays presque entièrement musulman -, contre environ un demi-million dans les années 1970.

Ces dernières années, la communauté sikh afghane a été la cible de plusieurs attaques.

La plus meurtrière a eu lieu en mars 2020, quand des hommes armés avaient pris d'assaut un temple de Kaboul, faisant au moins 25 morts.

<p>Des membres des forces afghanes de sécurité sur les lieux d'une attaque contre un temple sikh, le 25 mars 2020 à Kaboul</p>

Le groupe jihadiste État islamique avait revendiqué cette attaque.

L'EI avait déjà visé cette minorité au cours d'un attentat-suicide en juillet 2018 à Jalalabad, dans l'est du pays, tuant alors 19 personnes.

Quarante ans de guerre, de pauvreté et de discriminations ont provoqué l'exode de la communauté sikh afghane.

Après l'arrivée des talibans au pouvoir à Kaboul en août, près d'une centaine se sont encore exilés.

Le nombre d'attentats, visant souvent des communautés religieuses minoritaires, a diminué dans le pays depuis l'arrivée des talibans.

Cependant une série d'attaques à la bombe, dans lesquelles des dizaines de personnes ont trouvé la mort, a frappé le pays fin avril, pendant le mois du ramadan, puis fin mai.

La plupart ont été revendiquées par l'EI.

Les talibans tentent de minimiser la menace de l'Etat islamique-Khorasan (EI-K), la branche régionale de l'EI, et mènent une lutte sans pitié contre le groupe, qu'ils combattent depuis des années.

Ils ont multiplié les raids, notamment dans la province orientale de Nangarhar, et arrêté des centaines d'hommes accusés d'en faire partie.

Ils assurent depuis quelques mois avoir vaincu l'EI-K, mais les analystes estiment que le groupe extrémiste constitue toujours le principal défi sécuritaire pour le nouveau pouvoir afghan.

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