Nucléaire: Macron déplore que l'Iran "refuse" un accord et souhaite un retour "à la raison"

Afp
<p>Le président français Emmanuel Macron dans la cour du palais de l'Elysée à Paris, le 5 juillet 2022</p>

Le président français Emmanuel Macron a déploré mardi que Téhéran continue de "refuser" de conclure l'accord sur la table concernant le programme nucléaire iranien et a promis de poursuivre "tous les efforts" pour ramener ce pays "à la raison.

"L’Iran refuse toujours de saisir l'opportunité qui lui est offerte de conclure un bon accord comme l’ont montré les derniers pourparlers avec les Américains à Doha", a-t-il déclaré en recevant le nouveau Premier ministre israélien Yaïr Lapid à l'Elysée.

"Mais sur ce sujet comme sur d’autres, nous allons poursuivre, en étroite coordination avec nos partenaires, tous les efforts pour tenter de ramener l’Iran à la raison", a ajouté Emmanuel Macron, insistant sur la volonté des Européens de "faire aboutir dans les plus brefs délais" les négociations avec Téhéran.

Les pourparlers indirects menés fin juin à Doha entre les Etats-Unis et l'Iran, par l'intermédiaire de l'Union européenne, pour tenter de débloquer les négociations de Vienne n'ont permis "aucun progrès" selon Washington.

Les discussions en Autriche ouvertes en avril 2021 sont destinées à réintégrer les Etats-Unis à l'accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 (JCPOA) et à ramener l'Iran au respect intégral de ses engagements dictés par ce pacte.

L'Etat hébreu tente de son côté de convaincre les puissances occidentales de ne pas renouveler l'accord encadrant le programme nucléaire iranien en échanges de la levée de sanctions sur Téhéran.

Les responsables israéliens, qui craignent de voir l'Iran se doter de l'arme nucléaire -ce que Téhéran nie-, redoutent notamment que la levée de sanctions ne permette à l'Iran de regarnir ses coffres pour accroître son aide à ses alliés aux frontières d'Israël, comme le Hezbollah libanais ou le Hamas palestinien.

M. Macron, rejoignant sur ce point son interlocuteur israélien, a une nouvelle fois plaidé pour des négociations complémentaires pour encadrer le programme balistique et les ambitions régionales de l'Iran.

"Nous sommes d’accord avec Israël sur le fait que cet accord ne suffira pas à contenir les activités déstabilisatrices de l’Iran mais je reste plus que jamais convaincu qu’un Iran qui serait au seuil nucléaire pourrait mener ces activités de manière encore plus dangereuse", a-t-il souligné.

<p>Le président français Emmanuel Macron (d) et le Premier ministre israélien Yaïr Lapid à l'Elysée à Paris, le 5 juillet 2022</p>

Yaïr Lapid a souligné à la fois les "désaccords" sur le JCPOA mais aussi la convergence de vues avec Emmanuel Macron sur la nécessité de "répondre" à la menace représentée, selon lui, par l'Iran au Moyen-Orient.

"En 2018, vous avez été le premier dirigeant mondial à parler de la nécessité d'un nouvel accord avec l'Iran, plus efficient, mieux défini, qui ne serait pas assorti d'une date d'expiration, avec la pression internationale coordonnée qui empêcherait l'Iran de devenir un Etat au seuil nucléaire", a-t-il dit.

"Vous aviez raison à l'époque et c'est encore le cas aujourd'hui. La situation actuelle ne peut se perpétuer. Elle mènera à une course aux armements au Moyen-Orient qui menacera la paix mondiale. Il faut travailler ensemble pour empêcher que ça se produise", a-t-il conclu.

© 2022 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.

Les derniers annonces avec LOGIC-IMMO.be