Mission à haut risque en Ukraine des inspecteurs nucléaires

Stanislav DOSHCHITSYN
<p>Le chef de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi fait une déclaration aux médias, le 1er septembre 2022 à Zaporijjia, en Ukraine</p>

Des inspecteurs de l'AIEA sont attendus jeudi dans la centrale nucléaire de Zaporijjia pour une mission à haut risque, l'Ukraine reprochant à l'armée russe de bombarder le secteur tandis que Moscou accuse à Kiev d'y avoir envoyé une équipe de "saboteurs".

Le chef de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA) Rafael Grossi, qui conduit une équipe de 14 experts, a assuré jeudi matin que la mission vers la centrale tenue par l'armée russe était maintenue malgré les violences.

"Il y avait des activités militaires, y compris ce matin, il y a quelque minutes" mais "nous ne arrêtons pas, nous bougeons", a-t-il déclaré à la presse dans la ville de Zaporijjia, située à environ 120 km de la centrale avant le départ du convoi vers 08h15 (05H15 GMT).

"Nous allons commencer immédiatement l'évaluation de la situation sécuritaire à la centrale", a-t-il ajouté.

L'AIEA souhaite établir une présence "permanente" dans cette centrale du sud-est de l'Ukraine pour éviter une éventuelle catastrophe nucléaire.

- Nouvelles accusations -

Les deux belligérants s'accusent depuis des semaines de mettre en danger la sécurité de cette centrale nucléaire, la plus grande d'Europe.

<p>Carte montrant la centrale nucléaire de Zaporijjia en Ukraine, accompagnée d'images satellite montrant des dégâts sur le toit d'un bâtiment proche de plusieurs réacteurs</p>

Jeudi, les autorités ukrainiennes ont accusé la Russie d'effectuer des frappes d'artillerie sur Energodar, ville où se trouve la centrale de Zaporijjia.

"Les Russes effectuent des frappes d'artillerie sur l'itinéraire par lequel la mission de l'AIEA doit aller vers la centrale", a accusé sur Telegram le maire en exil d'Energodar, Dmytro Orlov.

Il a également affirmé que l'armée russe tirait sur Energodar "avec des mortiers et des armes automatiques et bombardent avec des roquettes".

De son côté, l'armée russe a accusé des troupes ukrainiennes d'avoir envoyé "deux groupes de saboteurs".

Les commandos auraient "débarqué à bord de sept embarcations (...) à trois kilomètres au nord-est de la centrale nucléaire de Zaporijjia et ont tenté de prendre la centrale", a indiqué le ministère russe de la Défense dans un communiqué.

Il a précisé que l'armée russe avait pris "des mesures pour anéantir l'ennemi, en faisant notamment usage de l'aviation militaire".

La centrale est située le long du fleuve Dniepr, dont la rive gauche est contrôlée, dans ce secteur, par les troupes russes.

Ces déclarations étaient invérifiables de source indépendante.

Le ministère russe de la Défense a également accusé l'armée ukrainienne d'avoir effectué des tirs d'artillerie sur le "point de rendez-vous" de la mission de l'AIEA à proximité de la centrale nucléaire.

<p>Le convoi des véhicules des inspecteurs de l'AIEA arriv à Zaporijjia, le 31 août 2022 en Ukraine</p>

Un responsable de l'administration d'occupation russe dans la région de Zaporijjia, Vladimir Rogov, a pour sa part accusé l'Ukraine d'avoir bombardé Energodar.

Selon lui, trois civils ont été tués et un autre blessé lors de ces tirs d'artillerie sur des zones résidentielles d'Energordar.

- Guerre du gaz -

Sur le terrain, l'armée ukrainienne poursuit sa contre-offensive dans le sud du pays, en particulier autour de Kherson, l'une des rares grandes villes ukrainiennes conquises par la Russie.

<p>Carte de la situation en Ukraine au 30 août à 7h GMT</p>

L'armée russe a cependant assuré mercredi avoir repoussé ces deux derniers jours les offensives ukrainiennes, infligeant de lourdes pertes à l'ennemi avec notamment "huit hélicoptères" et "63 chars" détruits, ainsi que "1.700 hommes" tués.

Ces informations étaient également invérifiables de sources indépendantes.

Quant aux Etats-Unis, ils vont annoncer "dans les prochains jours" de nouvelles aides militaires à destination de l'Ukraine, a fait savoir la Maison Blanche.

Dans une autre guerre livrée en parallèle, celle du gaz, le géant russe Gazprom a déclaré mercredi avoir "entièrement" suspendu son approvisionnement de l'Europe via le gazoduc Nord Stream en raison de travaux de maintenance devant durer trois jours.

<p>Graphique montrant les volumes de gaz transitant par le gazoduc Nord Stream depuis le 1er février 2022</p>

Au moment où les autres pays européens, notamment l'Allemagne et la France, travaillent à réduire leur dépendance au gaz russe, la Hongrie a annoncé mercredi un accord avec Gazprom pour recevoir des livraisons supplémentaires.

Sur le terrain diplomatique, les ministres des Affaires étrangères des Etats de l'UE se sont entendus mercredi pour suspendre un accord de 2007 avec la Russie facilitant de manière réciproque la délivrance des visas de court séjour.

"La question de la limitation des visas européens pour les citoyens russes doit enfin être réglée. Je pense que c'est humiliant pour l'Europe de n'être simplement considérée que comme une grande boutique ou un grand restaurant. L'Europe est un territoire de valeurs avant tout, pas de consommation primitive", a commenté dans son message quotidien du soir Volodymyr Zelensky.

Le président ukrainien était par ailleurs l'invité surprise de la 79e Mostra de Venise et a appelé, dans un message vidéo mercredi soir, le monde du cinéma à ne "pas oublier" une guerre qui "ne dure pas 120 minutes mais depuis 189 jours".

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