Un décès en Guadeloupe après le passage de la tempête Fiona

Amandine ASCENSIO
<p>De fortes rafales et d'importantes inondations: les premiers effets de la tempête Fiona se sont fait sentir dans la nuit de vendredi à samedi en Guadeloupe, placée en vigilance rouge pour fortes pluies et orages</p>

Un homme a été retrouvé mort en Guadeloupe après le passage de la tempête tropicale Fiona, qui a entraîné de fortes rafales, l'équivalent de plusieurs mois de pluie et d'importantes inondations dans la nuit de vendredi à samedi.

"La crue de la rivière des Pères a emporté une habitation à Basse-Terre", le chef-lieu de la Guadeloupe, "et son occupant (...) a été retrouvé décédé", a indiqué le préfet de la région Guadeloupe, Alexandre Rochette, dans un communiqué publié peu après 08H30 heure locale (14H30 heure de Paris).

"Les rivières ont débordé à Baillif, Basse-Terre et Vieux-Habitants et ont entraîné des évacuations et des mises à l’abri dans les équipements communaux pour une cinquantaine de personnes", a-t-il ajouté.

Toutes les activités du week-end - compétitions sportives ou Journées du patrimoine... - avaient été annulées ou reportées. La plupart des Guadeloupéens restaient cloîtrés et l'ensemble des magasins étaient fermés, dans l'attente de la fin de l'événement météorologique, prévue dimanche matin.

A Capesterre-Belle-Eau, particulièrement touchée samedi par les inondations, le maire Jean-Philippe Courtois appelait dans la matinée à "la plus grande prudence". "Ne sortez pas de chez vous, les routes demeurent dangereuses", a-t-il écrit sur Facebook, photos de maisons sinistrées à l'appui, et alors que la pluie tombait toujours.

Montées d’eau ayant atteint 1m50 par endroits, routes coupées, éboulements... "Plusieurs communes sont dans une situation de désolation", a constaté dans un communiqué le président du conseil départemental Guy Losbar, vers 10H30 heure locale (16H30 heure de Paris). Il a sollicité "la reconnaissance de l'état de catastrophe naturelle".

Cet archipel des Petites Antilles est très concerné par le risque d'inondation en raison du dérèglement climatique. L'état de catastrophe naturelle avait déjà été reconnu en mai pour plusieurs communes touchées fin avril par des inondations qui avaient fait un mort.

Sixième système tropical de la saison sur le bassin atlantique, la tempête Fiona, qui s'est formée jeudi au centre de l'océan, "a traversé l'archipel guadeloupéen la nuit dernière, elle est à présent en mer des Caraïbes et se dirige vers le sud de Porto Rico", au nord-ouest de la Guadeloupe, a précisé Météo-France dans son bulletin de 06H00, heure locale (12H00 à Paris).

Si Fiona "continue de s'évacuer lentement" vers l'ouest et la mer des Caraïbes "en se renforçant, sans pour autant atteindre le stade d'ouragan", en Guadeloupe, les précipitations diluviennes "devraient encore perdurer", plusieurs heures, prévenait Météo-France.

- Coupures d'électricité ou d'eau -

Les deux îles principales composant la Guadeloupe sont séparées par un étroit bras de mer. Sur la Basse-Terre, à presque 12H00, le temps restait sombre comme une fin d'après-midi, la pluie ne cessant pas de tomber depuis vendredi soir 22H00. Du côté de la Grande-Terre, si quelques automobilistes signalaient quelques arbres tombés et des zones inondées, un certain calme semblait revenu.

Sur la Basse-Terre, "des cumuls de plus de 300 mm en six heures ont déjà été enregistrés", a précisé Météo-France dans son bulletin de début de matinée, soit l'équivalent de plusieurs mois de pluie.

C'est "dans le Sud Basse-Terre" que se sont concentrées les interventions des secours, a déclaré à l'AFP le commandant des sapeurs-pompiers, Félix Anthénor-Habazac en début de matinée. Ses équipes avaient reçu 630 appels, effectué 130 interventions et secouru 23 personnes.

A Saint-François, Myriam Laffond, a vécu une nuit difficile dans sa maison en bois: "Les orages ont été violents. On entendait des choses tomber et se casser". Au petit matin, plus de peur que de mal: "Terrasse trempée, halogène tombé sur la cafetière brisée, livres et vinyles tombés sur le canapé imbibé", a énuméré cette femme de 47 ans, admettant s'être "moins préparée que pour les cyclones Irma et Maria en 2017" car on ne parlait, dit-elle, "que" de tempête.

Le 16 septembre est la date anniversaire du cyclone Hugo, ouragan de catégorie 5 qui avait dévasté l'île en 1989.

La Guadeloupe reste en vigilance rouge pour fortes pluies et orages et en vigilance orange pour vague submersion et vent violent.

EDF a annoncé dans la matinée que "moins de 20.000 clients" étaient privés d'électricité. Selon la préfecture, 35 antennes relais du réseau de téléphonie d'Orange étaient indisponibles ainsi que plusieurs usines de productions d’eau.

Cependant, le trafic aérien, suspendu depuis vendredi soir, "reprend", a annoncé le préfet à 11H40 locales. Les autorités ont également autorisé la reprise des déplacements pour les agents et salariés des entreprises "indispensable à la vie de la population guadeloupéenne".

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