A J-11, Trump à corps perdu dans les meetings

Publié le à Washington (AFP)

A 11 jours de la présidentielle, Donald Trump poursuit sa course effrénée aux électeurs en tenant vendredi deux meetings de campagne dans l'Etat-clé de Floride, au lendemain de son ultime débat avec son rival démocrate Joe Biden.

Ce face-à-face télévisé en direct, organisé à Nashville, dans le Tennessee, a été bien plus policé et constructif que le précédent, marqué par de constantes interruptions et des insultes. Mais il ne devrait pas profondément changer la dynamique.

Avant son départ pour le "Sunshine State", le président américain a mis un coup diplomatique à son actif, en annonçant depuis le Bureau ovale qu'Israël et le Soudan avaient accepté de normaliser leurs relations.

"Pensez-vous que Joe l'Endormi aurait pu conclure cet accord?" a demandé, narquois, M. Trump au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, qui était au bout du fil et sur haut-parleur.

Plus de 50 millions d'Américains ont déjà voté par anticipation - 35 millions par correspondance et plus de 15 millions en personne - selon le comptage vendredi de US Elections Project, de nombreux électeurs préférant éviter les foules le jour de l'élection en pleine pandémie.

Donald Trump doit voter samedi en Floride. Son vice-président, Mike Pence, l'a fait à Indianapolis vendredi.

- "Un super boulot" -

Pour rattraper son retard dans les sondages, le président républicain mise gros sur la Floride, l'un des Etats susceptibles de basculer pour l'un ou l'autre des candidats et d'offrir les grands électeurs nécessaires pour la victoire.

M. Trump, qui perd du terrain chez certains seniors, a déjà sillonné ces 10 derniers jours la Floride, connue pour accueillir une forte proportion de retraités.

En plus de Pensacola, le milliardaire va courtiser The Villages, 100.000 habitants, la plus grande communauté de retraités en Floride. Ce bastion trumpiste près d'Orlando a toutefois été récemment le théâtre de fortes tensions entre pro et anti-Trump.

Alors que les Américains âgés votent beaucoup républicain, ils sont aussi très vulnérables face au coronavirus, et M. Trump est très critiqué pour sa gestion de la pandémie, qui a fait plus de 223.000 morts aux Etats-Unis.

"Je prends toujours mes responsabilités et j'ai fait un super boulot", a dit vendredi le milliardaire.

Le président poursuivra vendredi son marathon de meetings, en Caroline du Nord, dans l'Ohio et le Wisconsin. Dimanche, il doit aller dans le New Hampshire.

De retour dans son fief de Wilmington, dans le Delaware, Joe Biden a pour sa part annoncé la gratuité pour toute la population d'un futur vaccin contre le coronavirus s'il était élu à la présidence. Son adversaire avait déjà fait cette promesse.

"Une fois que nous aurons un vaccin sûr et efficace, il devra être gratuit pour tout le monde, que vous soyez assuré ou pas", a-t-il affirmé, en présentant son plan national de lutte contre la pandémie et de relance économique.

Ces deux questions ont été au centre du débat jeudi soir entre les deux septuagénaires, devant des millions de téléspectateurs.

"Quelqu'un qui est responsable d'autant de morts ne devrait pas pouvoir rester président des Etats-Unis d'Amérique", a lancé le candidat démocrate, en prédisant "un hiver sombre" pour le pays le plus endeuillé au monde.

Donald Trump, qui dit être complètement remis du Covid-19, pour lequel il a été hospitalisé début octobre, l'a en retour accusé de vouloir "reconfiner" le pays, et a assuré que son administration combattait "très fermement" la pandémie.

- Respecter les règles -

Bien que parfois vifs, leurs échanges étaient nettement plus mesurés et plus audibles que la fois précédente, où les noms d'oiseaux avaient fusé. "C'est manifestement une façon plus populaire de faire", a commenté M. Trump vendredi, assurant qu'il avait voulu "respecter les règles du jeu".

Pour éviter la cacophonie, les organisateurs avaient décidé de couper le micro d'un candidat pendant les deux premières minutes de prise de parole de l'autre.

Donald Trump a notamment demandé à Joe Biden de "s'expliquer" sur des allégations de corruption au sujet des activités de son fils Hunter en Chine et en Ukraine, alors qu'il était vice-président de Barack Obama (2009-2017).

Joe Biden a reproché en retour au président de n'avoir pas rendu publiques ses déclarations d'impôts. "Que cachez-vous?", a-t-il interrogé.

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