A Jérusalem, Blinken veut éviter que le Hamas "bénéficie" de l'aide à Gaza

Publié le à Jérusalem (AFP)

Les Etats-Unis veulent éviter que le Hamas "bénéficie" de la reconstruction de Gaza, a affirmé mardi le secrétaire d'Etat, Antony Blinken, à Jérusalem, au premier jour d'une visite au Proche-Orient dans l'espoir de consolider la trêve fragile entre l'Etat hébreu et le mouvement au pouvoir dans l'enclave palestinienne.

"Nous allons travailler de près avec nos partenaires, afin de nous assurer que le Hamas ne bénéficie pas de l'aide à la reconstruction", a déclaré à Jérusalem M. Blinken, lors d'une conférence de presse avec le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu.

Celui-ci a affirmé que la réponse d'Israël serait "très puissante" en cas de violation par le Hamas du cessez-le-feu ayant mis un terme à 11 jours de guerre entre l'Etat hébreu et le mouvent islamiste au pouvoir à Gaza.

Du 10 au 21 mai, 253 Palestiniens ont été tués par des frappes israéliennes dans la bande de Gaza, parmi lesquels 66 enfants et des combattants, selon les autorités locales. En Israël, les tirs de roquettes depuis Gaza ont fait 12 morts parmi lesquels un enfant, une adolescente et un soldat, d'après la police.

Réaffirmant le "soutien entier au droit d'Israël de se défendre", M. Blinken a aussi précisé qu'il allait annoncer dans la journée une contribution américaine pour la reconstruction de Gaza.

Il doit rencontrer dans l'après-midi à Ramallah, en Cisjordanie occupée, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, qui n'exerce toutefois pas de pouvoir à Gaza, avant de poursuivre sa tournée en Egypte et en Jordanie, deux acteurs clés de la stabilité régionale.

"Il y a beaucoup de travail devant nous pour restaurer l'espoir, le respect et une certaine confiance entre les deux camps. Nous avons vu où mènent les autres options et cela doit nous pousser à redoubler d'efforts pour préserver la paix", a-t-il déclaré.

Après avoir rencontré le chef de la diplomatie israélienne, Gabi Ashkenazi, il a dit vouloir contribuer à des "progrès matériels dans les vies des Israéliens comme des Palestiniens".

Dans la foulée du cessez-le-feu, Washington avait réaffirmé son soutien à la "solution à deux Etats", israélien et palestinien, appuyée par la communauté internationale mais boudée par l'administration Trump.

Les plus récents communiqués du département d'Etat et de la Maison Blanche ne font toutefois aucune référence à la "solution à deux Etats".

"Notre priorité est vraiment avant tout de faire en sorte que le cessez-le-feu tienne", a dit un haut responsable américain avant le départ du secrétaire d'Etat, jugeant "prématurées" toutes visées plus ambitieuses.

- Tensions persistantes -

Israël, qui impose un blocus terrestre et maritime à Gaza depuis près de 15 ans, accuse le Hamas d'avoir détourné l'aide internationale à des fins militaires et a dit souhaiter un "mécanisme" international pour le contourner dans l'envoi des aides.

Israël a annoncé la réouverture quotidienne dès mardi du terminal de Kerem Shalom, jusque-là ouvert de manière ponctuelle, pour l'aide humanitaire. Les malades pourront également entrer et sortir de Gaza pour la première fois depuis le 10 mai et la zone de pêche au large de l'enclave sera élargie à six milles nautiques (environ 11 km).

Le conflit entre le Hamas et Israël, le plus meurtrier depuis la guerre de 2014, a éclaté le 10 mai avec le tir par le Hamas de salves de roquettes vers Israël en solidarité avec les centaines de Palestiniens blessés lors de plusieurs jours d'affrontements avec la police israélienne sur l'esplanade des Mosquées, à Jérusalem-Est occupé. A l'origine des heurts, la menace d'expulsion de familles palestiniennes au profit de colons israéliens.

Médiateur traditionnel entre Palestiniens et Israéliens, Le Caire s'active pour consolider le cessez-le-feu qui ne comporte aucune condition à l'arrêt des hostilités et n'établit aucun plan pour la reconstruction de Gaza, une nouvelle fois dévastée par la guerre.

Une délégation égyptienne est dans l'enclave pour des discussions avec le Hamas, organisation classée "terroriste" par les Etats-Unis et l'Union européenne.

A Ramallah, le président Abbas a accueilli lundi le chef de la diplomatie égyptienne, Sameh Choukry. Mardi, il a reçu le ministre jordanien des Affaires étrangères, Ayman Safadi, qui a salué une "position américaine positive" et estimé que les discussions en cours étaient "un moment crucial".

Malgré d'intenses efforts diplomatiques, les tensions persistent sur le terrain.

Un Palestinien a été tué à l'aube par des forces israéliennes près de Ramallah en Cisjordanie occupée. Lundi, une attaque au couteau a blessé deux personnes, parmi lesquelles un soldat israélien, à Jérusalem. L'assaillant, un Palestinien de 17 ans, selon l'agence officielle palestinienne, a été abattu par les forces de sécurité israéliennes.

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