A La Chapelle-sur-Erdre, les habitants saluent une policière "douce" et "formidable"

Publié le à La Chapelle-sur-Erdre (France) (AFP)

"Respect et soutien", "j'espère que la policière va mieux": à la Chapelle-sur-Erdre, les habitants ont déposé samedi des cartes et des fleurs devant les locaux où a été agressée la veille une policière municipale dont beaucoup saluent la douceur, l'engagement et le professionnalisme.

Les investigations se sont poursuivies samedi, notamment sur les lieux de la fusillade où l'agresseur a été neutralisé, a constaté l'AFP. La veille, le procureur de Nantes Pierre Sennès a indiqué que l'enquête était susceptible d'être confiée au parquet national antiterroriste en fonction du résultat des investigations en cours.

"Je suis encore très bouleversée", raconte Inès, 77 ans, habituée à croiser la policière, agressée au couteau par un schizophrène fiché pour radicalisation qui est mort vendredi lors de son interpellation.

"Je suis très attristée pour elle, parce qu'elle ne méritait pas ça. Elle est très, très gentille, elle est douce, (...) même quand elle parle, elle parle doucement", poursuit Inès, tirant son cabas à courses.

"On s'attaque à des gens comme ça qui nous protègent. Par qui va-t-on être protégés si on porte atteinte à ces gens-là ?", s'inquiète-t-elle.

"Elle est policière municipale depuis 20 ans (...) avec forcément un engagement fort, un grand professionnalisme, une capacité à agir avec fermeté, une capacité d'écoute et de dialogue importante", ajoute Fabrice Roussel, le maire socialiste de cette ville au nord de Nantes.

La victime, Katell Lereec, née en 1974, est mère d'un garçon majeur et vit en couple dans une commune voisine, Les Touches, explique l'édile.

Elle a été recrutée "en tant qu'emploi jeune à la fin des années 1990 sur des missions de médiation sociale", avant de passer le concours de la police municipale, ajoute l'élu.

"Elle va bien, nous avons eu des nouvelles par son collègue Thierry, on a hâte de la revoir", explique, rassurée, la coiffeuse qui tient le salon "L'Atelier de Margot" situé juste derrière la police municipale et ses murs bleu ciel.

"On venait de la voir cinq minutes avant" l'agression, de retour du marché qui se tient le vendredi matin, raconte-t-elle, insistant sur le fait que "c'est vraiment quelqu'un de dévouée à son travail", "charmante" et "très proche de sa population".

- "Elle a eu de la chance" -

"C'est une fille formidable, elle a eu de la chance", se réjouit pour sa part Laurence, qui a partagé sa chambre avec la policière il y a plusieurs années lors d'un séjour au ski.

Laurence, 54 ans, explique que la quadragénaire est "dynamique, rigolote, elle a beaucoup d'humour".

"C'est une femme dynamique, fière de son métier", abonde un gendarme qui l'a connue, ajoutant que "c'est une sportive, une surfeuse", tandis que le maire Fabrice Roussel précise qu'elle pratique le badminton.

Frédérique, cadre dans une compagnie d'assurance de 49 ans, ne connaissait pas directement Katell Lereec, aussi a-t-elle écrit "Pour la policière" sur le bouquet de fleurs qu'elle est venue déposer.

"Nous sommes très touchés pour elle, et puis pour la petite jeune fille qui a été séquestrée (...) donc on voulait dire qu'on était là auprès d'elles", raconte Frédérique, en référence à la personne qui a été séquestrée pendant 2H30 la veille par le suspect durant sa cavale.

Frédérique est venue accompagnée de son fils de 12 ans, Jules, qui a été confiné, comme les 3.000 élèves de la ville, vendredi, durant la traque.

"On a subi le confinement pendant je crois presque trois heures, dans le noir, sous les tables, pendant les deux premières heures, on n'avait pas le droit de parler", se remémore l'adolescent.

Le maire indique qu'il sera attentif au suivi psychologique des élèves, ainsi que des sept personnes témoins de l'agression. Par ailleurs un quatrième agent devrait venir compléter l'équipe de la police municipale "dans les prochains mois".

Comme Frédérique, Yoann, 28 ans, a apporté des fleurs de façon anonyme.

"C'est un geste qui me semble nécessaire en termes de civisme, il faut savoir remercier nos forces de l'ordre qui sont bien trop souvent décriées", estime-t-il.

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