A Mayfield, l'incrédulité face aux ravages de tornades historiques

Publié le à Mayfield (Etats-Unis) (AFP)

Immeubles rasés ou éventrés, voitures retournées, arbres arrachés, c'est une scène de fin du monde sur quelques kilomètres carrés: au lendemain du passage d'une tornade historique, les habitants de Mayfield peinent à réaliser l'ampleur des dégâts dans cette petite ville du Kentucky.

Sur Broadway, l'artère principale de la bourgade de 10.000 habitants, les bâtiments anciens de brique rouge qui faisaient sa fierté n'ont pas résisté à la puissance du souffle.

Le tribunal a perdu une partie de son toit, sa tour et son horloge. Deux églises proches ont été éventrées. L'une d'elle a eu le toit arraché, et l'orgue majestueux est la proie des éléments.

Autour, les derniers étages des immeubles sont à l'air libre.

Le petit restaurant familial tenu depuis 38 ans par Mitchell Fowler n'a pas résisté non plus. Les fenêtres ont été soufflées, les cuisines sont hors d'usage, la toiture s'est envolée, un pan de mur extérieur est tombé sur le parking.

Vendredi soir, après l'alerte donnée par les autorités, il a fermé son restaurant à 20H00. "J'habite à 20 kilomètres dans la campagne, et le temps que je rentre chez moi, tout était parti", raconte-t-il à l'AFP.

"C'est un désastre". Pourtant, ajoute-t-il, "j'ai travaillé dans l'Oklahoma où il y a des tornades très méchantes".

Sans électricité dans une partie de la ville, Mitchell Fowler a passé la journée à faire don de la nourriture qui allait pourrir dans ses frigos. "Nous essayons d'aider les gens dans le besoin", dit-il.

- Immenses inquiétudes -

Il a toutefois quelques bonnes nouvelles. L'un de ses beaux-frères, employé dans la fabrique de bougies qui s'est effondrée en piégeant ses salariés, "a été retrouvé ce matin, sain et sauf. Il est à l'hôpital mais il va bien", explique M. Fowler.

Une centaine de personnes travaillaient à l'usine vendredi soir. C'est une entreprise familiale qui tournait à plein régime à l'approche des fêtes de fin d'année.

Des corps sans vie en ont été retirés, a pu constater un photographe de l'AFP. Les recherches s'y poursuivent alors qu'on est sans nouvelles de dizaines de personnes.

Le Kentucky a payé le plus lourd tribut à ces tornades qui ont déferlé vendredi soir et samedi matin sur un vaste territoire du centre et du sud des Etats-Unis, faisant plus de 80 morts.

Mitchell Fowler ne reconstruira pas son restaurant. Une page se tourne, et il a choisi de prendre sa retraite à 70 ans.

Autour de son établissement, des dizaines de voitures sont sur le toit ou sur le côté. Une voiture ancienne verte et blanche a pourtant été miraculeusement épargnée alors que la toiture du garage qui l'abritait a disparu.

Des poteaux électriques arrachés, comme de nombreux arbres, jonchent le sol.

La tornade a fait des ravages sur une bande d'un kilomètre de large environ en traversant la ville d'ouest en est.

"C'est comme si une bombe avait explosé dans notre quartier", a raconté à l'AFP Alex Goodman, une autre habitante de Mayfield.

"On savait qu'elle arrivait mais on n'avait nulle part où aller", explique David Norseworthy, 69 ans, qui travaille dans la construction.

Sa maison, dont le toit et le porche ont été détruits, est à quelques rues du centre-ville. Elle a été relativement épargnée.

"On est resté à l'abri sept minutes, et c'était fini, c'est venu et c'est reparti comme ça, d'un coup", dit-il. Là où la tornade est passée elle a tout écrasé.

Pour ce natif de la ville, l'événement climatique est historique. "On n'a jamais eu une chose comme ça ici", assure-t-il.

Depuis la matinée, les employés municipaux ont dégagé les voies pour le trafic automobile, mais des tonnes de gravats sont amassés près des trottoirs, rendant la circulation lente et difficile.

La solidarité s'organise aussi et des habitants distribuent eau, nourriture, couches pour enfants ou vêtements chauds, car la nuit devrait être très froide, selon les services météos.

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