A Metz, la police traque les contrevenants au confinement avec un drone

Publié le à Metz (AFP)

Radiocommande en mains, Thierry Wunsch, télépilote à la Police aux frontières (PAF), fait s'élever un quadrirotor gris au-dessus du parc de la Seille à Metz: son drone surveille les espaces verts et traque les contrevenants en période de confinement.

Installé à côté de l'aire de jeux désertée et entourée de rubalises, le commandant Wunsch suit sur l'écran la progression de son appareil survolant les jardins Jean-Marie Pelt, qui s'étirent sur 800 mètres le long de la rivière Seille.

"Il y a trois personnes vers les berges, apparemment ce sont des femmes", annonce M. Wunsch, commandant de police responsable de la brigade de police aéronautique à la direction zonale de la PAF Est, à deux fonctionnaires de la sécurité publique qui l'accompagnent.

En deux coups de pédale, l'équipage à vélo rejoint le petit groupe pour le contrôler.

"On utilise tous les jours les deux drones et l'avion que la PAF met à notre disposition pour détecter les rassemblements ou les personnes qui rentrent dans des zones interdites", explique le directeur adjoint de la sécurité publique de Moselle, Patrick Valentin.

Le drone vole tous les jours au-dessus de Metz depuis la deuxième semaine de confinement, notamment pour faire respecter un arrêté préfectoral interdisant l'accès aux espaces verts de la commune le week-end.

"Cet outil nous permet de surprendre les gens. Ils ne voient pas le drone et n'entendent qu'un bruissement comme une abeille", ajoute le commissaire Valentin.

- "Les champions du 100 mètres" -

Mais l'utilisation du quadrirotor par la police pour traquer les contrevenants au confinement "commence à se savoir et dès que les gens entendent un +bzzzbzzz+ dans les airs, ils deviennent les champions du 100 mètres", s'amuse le commissaire.

A Metz, le drone survole les parcs et jardins, les berges de la Seille et de la Moselle, ainsi qu'un lac entouré d'espaces boisés à la périphérie.

L'engin peut voler à 150 m d'altitude, s'éloigner de 700 mètres de sa base et atteindre la vitesse de 50 km/h. La surveillance au même endroit dure entre une heure et une heure et demie.

Dans le parc de la Seille, le léger bourdonnement du quadrirotor ne trouble guère un troupeau de moutons noirs et blancs, en train de paître une herbe bien verte.

Les promeneurs sont rares et tous présentent une attestation dûment remplie.

"Merci de respecter les mesures de confinement et de présenter votre attestation en cas de contrôle", délivrent les hauts-parleurs du drone à un couple qui se promène tranquillement sur l'un des chemins.

- "Les gens sont raisonnables" -

Alors que l'engin poursuit sa surveillance à environ 20 km/h, on distingue nettement sur l'écran du télépilote une personne marchant derrière des arbres et deux femmes assises sur un banc, très éloignées l'une de l'autre.

Le drone est équipé d'une caméra qui peut zoomer jusqu'à six fois et prendre des clichés.

"On utilise le drone depuis trois ans pour des missions de police comme les suivis de manifestations" ou la surveillance d'événements festifs, souligne le commandant Wunsch.

Les quatre télépilotes de la PAF font voler leurs engins ailleurs dans le département de la Moselle comme au-dessus d'Amnéville, vaste complexe de loisirs entouré de bois, d'un aéroparc à Yutz, à Hagondange et dans les prochains jours à Forbach.

Plusieurs villes ont opté pour la surveillance par drone en France comme Paris, Marseille ou Nice, ainsi qu'à l'étranger.

A Metz, une quinzaine d'équipages de la sécurité publique, composés de deux à trois policiers, patrouillent chaque jour à pied, à vélo ou en voiture pour faire respecter les mesures de confinement.

"On verbalise beaucoup moins qu'avant. Les gens sont raisonnables", note-t-on du côté de la sécurité publique, qui ne communique pas de chiffres départementaux.

Depuis le début du confinement le 17 mars, 15,5 millions de contrôles ont été réalisés en France et 915.000 procès-verbaux dressés pour non-respect du confinement, a annoncé jeudi le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner.

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