A quelques heures de Noël, le Covid-19 joue une nouvelle fois les trouble-fête

Publié le à Paris (AFP)

A quelques heures du réveillon de Noël, le Covid-19 joue cette année encore les trouble-fête. Un variant Omicron fulgurant et le nombre record de contaminations poussent le gouvernement à accélérer sa riposte.

Emmanuel Macron tiendra lundi après-midi un conseil de défense sanitaire, juste avant le Conseil des ministres qui doit adopter le projet de loi transformant le pass sanitaire en pass vaccinal, a annoncé l'Élysée.

Le porte-parole du gouvernement Gabriel Attal avait indiqué mercredi qu'une "réévaluation de la situation sanitaire" était prévue à cette date, alors que l'arrivée d'Omicron affole les chiffres de contamination partout en Europe.

Vendredi, plus de 94.000 nouveaux cas ont été enregistrés sur les dernières 24 heures, du jamais vu en France depuis le début de la crise sanitaire.

Avant de retrouver leurs proches pour Noël, les Français se sont testés massivement ces derniers jours. La plateforme SI-DEP permettant aux professionnels de santé de rentrer les résultats des tests antigéniques pour générer un QR code a en conséquence été engorgée.

Il était "très compliqué de déclarer" des résultats vendredi après-midi, a indiqué à l'AFP Philippe Gaertner de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF), Philippe Gaertner, tandis que Gilles Bonnefond, de l'Union syndicale des pharmaciens d'officine (USPO) a fait état de "30 minutes d'interruption liée au record de tests".

Reconnaissant des "ralentissements" sur la plateforme du fait d'un "afflux massif" de tests, le ministère de la Santé a néanmoins assuré qu'elle avait "toujours été maintenue" et que "les réponses arrivent au fur et à mesure".

Repartie en trombe depuis plusieurs semaines, l'épidémie a désormais pris le visage du variant Omicron. Le gouvernement prévoit qu'il devienne majoritaire dans le pays d'ici peu, entre Noël et le Jour de l'an.

Si plusieurs études montrent que l'efficacité des vaccins est nettement réduite avec seulement deux doses face à ce variant, une dose de rappel permettrait de relever le niveau de protection.

La Haute autorité de santé (HAS) a ainsi recommandé vendredi que la dose de rappel puisse être réalisée à partir de trois mois pour la population éligible.

- Paralysie -

En attendant d'examiner cet avis, le ministère de la Santé a annoncé que le délai serait ramené à 4 mois dès maintenant et non à partir du 3 janvier comme initialement prévu.

Jusque-là, il était de 5 mois après la précédente injection.

Avec ce passage à 4 mois, 40 millions de personnes sont éligibles à leur dose de rappel, dont 22 millions l'ont déjà faite, a précisé le ministère.

Dans son avis, la Haute autorité de santé recommande par ailleurs dès à présent l'administration d'une dose de rappel chez les 12-17 ans souffrant d'immunodéficience ou d'une comorbidité à risque de forme grave.

Si pour le moment Omicron n'entraîne pas de vague d'hospitalisations, ses répercussions potentielles inquiètent.

"Le scénario réaliste, c'est que mi-janvier on sera à 200.000 contaminations jour", a estimé vendredi sur CNews l'infectiologue Benjamin Davido.

Avec le risque, évoqué jeudi par le Conseil scientifique, d'une paralysie de la société à cause d'une multiplication des arrêts de travail et de l'"absentéisme".

Le ministre de la Santé Olivier Véran a indiqué jeudi que le gouvernement veillerait à "éviter tout phénomène de paralysie dans le pays".

- Pas de cumul pour un café -

"Si vous mettez en éviction (tous les cas positifs et les cas contacts) dans le système scolaire, la police, l'hôpital, (la société) va être à l'arrêt", a prévenu vendredi Gilles Pialoux, chef du service des maladies infectieuses de l’hôpital Tenon sur BFMTV.

En attendant, le projet de loi transformant le pass sanitaire en pass vaccinal sera examiné en commission à l'Assemblée nationale mercredi et doit entrer en vigueur le 15 janvier.

Ce texte a suscité inquiétudes et critiques sur les réseaux sociaux, en particulier à propos d'une disposition sur un possible "cumul des justificatifs".

L'intention n'est absolument pas d'exiger un pass vaccinal plus un test pour aller prendre un café, ont voulu rassurer vendredi une source ministérielle à l'AFP et la présidente LREM de la commission des Lois Yaël Braun-Pivet.

Un test PCR ou antigénique négatif de moins de 24h sera en revanche obligatoire dès mardi pour tous les passagers, vaccinés ou non, se rendant dans les territoires français d'outre-mer à partir de métropole comme de l'étranger.

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