Accident d'hélicoptère: sortie de l'eau de la carcasse, la recherche des corps continue

Publié le à Bordeaux (AFP)

La récupération avant midi de l'hélicoptère qui s'est abîmé vendredi dans la Dordogne faisant quatre morts, dont un milliardaire chinois, devrait permettre d'éclairer les causes de l'accident alors que les recherches pour retrouver les trois disparus s'annoncent longues.

Suspendu à une grue télescopique, l'appareil, sorti des eaux grâce à des ballons gonflés simultanément, est apparu intact pour sa partie arrière. Sur la queue de l'hélicoptère, un Robinson R44 jaune et noir, on pouvait distinguer le rotor et même l'immatriculation, S-GPJG, a constaté un photographe de l'AFP.

La grue l'a ensuite déposé délicatement sur un camion plateau qui va l'emmener dans un entrepôt militaire où il sera examiné par la section de recherches de la gendarmerie des transports aériens et les enquêteurs du bureau enquête-accident (BEA).

"Le but est de préserver l'intégrité de l'épave et conserver le petit détail qui peut nous donner l'explication sur pourquoi il a chuté, comment il s'est disloqué", avait expliqué avant le début des opérations dites de +relevage+ le commandant Ghislain Réty, commandant du groupement de gendarmerie de la Gironde.

Seule la partie arrière de l'hélicoptère, qui gisait par sept mètres de fond, a pu être sortie des eaux. "Il manque la partie avant que nous n'avons toujours pas localisée", a indiqué le colonel.

Conjointement, les opérations pour retrouver les corps des trois disparus ne connaissent pas de relâche avec plus de 100 gendarmes mobilisés à pied le long des rives, en bateau ou en hélicoptère.

Des sonars ont sondé toute la nuit de dimanche à lundi les eaux boueuses de la Dordogne, a proximité de l'épave, mais sont toujours portés disparus Lam Kok, 46 ans, président du groupe Brilliant, crée en 1995 et spécialisé dans le négoce de thés prestigieux, l'hôtellerie de luxe et la construction et la gestion de centres commerciaux, Peng Wang, conseiller financier du groupe en France, et le pilote de l'appareil, James Grégoire, ancien propriétaire du château de La Rivière qu'il venait de vendre à Lam Kok.

"On peut les retrouver aujourd'hui comme dans 6 mois"

"On peut les retrouver aujourd'hui comme dans six mois. Mais on les retrouvera" assure le colonel Réty.

"Est-ce que les corps ont directement coulé ou ont-ils dérivé à la surface avant de couler. On ne le sait pas", a-t-il reconnu, ajoutant que l'épaisseur de vase est de plus d'un mètre et que les corps peuvent dériver à sa surface lisse sans être retenus par des branchages.

De plus, la Dordogne est à cet endroit, a proximité du début de l'estuaire de la Gironde qui débouche sur l'océan atlantique, soumise au phénomène des marées.

Des hélicoptères survolent une zone à plus de 20 kilomètres du point d'impact de l'hélicoptère pour vérifier qu'un corps n'a pas déjà dérivé aussi loin et serait remonté à la surface.

"Un corps a été retrouvé samedi dans la Dordogne", à plus de 30 kilomètres à vol d'oiseau du lieu de l'accident d'hélicoptère, "c'est celui d'une personne qui avait disparu dans la Dordogne au mois d'avril", a-t-il indiqué pour expliquer que la rivière pouvait "mettre beaucoup de temps avant de rendre les corps".

L'acquisition du château et de ses 65 hectares de vignes en appellation Fronsac, réalisée la veille de l'accident, représentait le plus gros investissement chinois à ce jour dans le vignoble bordelais, estimé par des médias à plus de 30 millions d'euros.

Mardi, la veuve de Lam Kok, organisera au château de La Rivière une cérémonie bouddhiste qui, "selon la culture traditionnelle chinoise, apporte harmonie et prospérité au château de La Rivière et sa région", a précisé un communiqué du groupe Brilliant, précisant qu'il "inscrit durablement son action dans la destinée du château".

Sinistre coïncidence, l'ancien propriétaire du château de La Rivière, Jean Leprince, était également décédé dans un accident de son avion privé, en 2002.

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