Accord en vue entre Washington et Huawei pour un retour en Chine de sa directrice financière

Publié le à New York (AFP)

Un accord va être entériné vendredi par un tribunal de New York entre les autorités américaines et la directrice financière du géant des télécommunications Huawei, mettant fin à trois ans de bataille judiciaire et de tensions entre Pékin, Washington et Ottawa.

Cet accord permettra à Meng Wanzhou de rentrer en Chine, après près de trois ans de séjour forcé au Canada, a annoncé le Wall Street Journal vendredi, citant des sources proches du dossier.

L'accord entre le ministère de la Justice américain et Huawei doit être annoncé lors d'une audience virtuelle à 13H00 (17H00 GMT) au tribunal fédéral de Brooklyn, où comparaîtra à distance Meng Wanzhou, selon le WSJ.

Les services du tribunal fédéral de Brooklyn ont fait parvenir à la mi-journée une courte lettre du ministère de la Justice confirmant une audience à 13H00 en vue d'un "règlement des poursuites" dans le dossier "Etats-Unis contre Wanzhou Meng", sans plus de détails.

Sollicités par l'AFP, les avocats de la dirigeante se sont refusés à tout commentaire, de même que le ministère américain de la Justice.

Meng Wanzhou, 49 ans, fille du fondateur du mastodonte des télécoms, avait été arrêtée le 1er décembre 2018 à l'aéroport de Vancouver à la demande de Washington, qui veut la juger pour fraude bancaire.

La justice américaine accuse la numéro 2 du géant des télécoms d'avoir menti à un cadre de la banque HSBC lors d'une rencontre à Hong Kong en 2013, à propos des liens entre le groupe chinois et une filiale nommée Skycom qui vendait des équipements à l'Iran, exposant l'établissement à des sanctions américaines.

Selon le Wall Street Journal, la directrice financière de Huawei accepterait de reconnaître certaines "fautes" en échange d'un "report" puis d'un "abandon" des poursuites pour fraude bancaire.

L'intéressée a toujours nié ces accusations.

Le gouvernement chinois estime depuis 2018 que l'administration américaine - à l'époque du président d'alors Donald Trump - cherchait avant tout à affaiblir Huawei, entreprise chinoise de pointe et leader mondial des équipements et réseaux 5G, sans équivalent côté américain.

Ces dernières semaines, les avocats de Mme Meng ont de nouveau plaidé la thèse selon laquelle les Etats-Unis ont intenté un procès "abusif" à leur cliente.

Le Canada a en quelque sorte été pris dans la tourmente sino-américaine, rappelle le Journal, qui spécule sur le fait que l'accord entre Washington et Pékin débouche également sur la libération d'un homme d'affaires et d'un ancien diplomate, tous deux canadiens, détenus en Chine: Michael Spavor condamné à 11 ans d'emprisonnement pour espionnage et Michael Kovrig, en détention en Chine.

D'après le quotidien américain, l'administration de Joe Biden aurait repris des consultations sur le dossier Huawei, notamment à la lumière du désir de Mme Meng de retrouver en Chine sa famille, après près de trois ans de séjour forcé au Canada.

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