Afghanistan: environ 10 morts dans une explosion dans une mosquée sunnite de Kaboul

Publié le à Kaboul (AFP)

Environ dix personnes ont été tuées dans une explosion qui a frappé vendredi une mosquée sunnite de Kaboul, après la prière du vendredi, l'Afghanistan connaissant une recrudescence des attaques en cette fin du mois saint du ramadan.

La cible de cet attentat semble être des membres de la communauté soufie minoritaire qui accomplissaient des rituels après la prière du vendredi, a déclaré un responsable.

Les groupes jihadistes tels que l'Etat islamique vouent une haine profonde à ce courant musulman qu'ils considèrent comme hérétique.

Les victimes ensanglantées ont été transportées dans des ambulances et des véhicules vers un hôpital du centre de Kaboul, mais les talibans ont empêché les journalistes d'accéder à l'établissement.

Des groupes de femmes pleuraient devant l'hôpital et près de la mosquée pour tenter de retrouver leurs proches, a constaté un correspondant de l'AFP.

"Environ 300 à 400 personnes accomplissaient des rituels lorsque l'explosion s'est produite", a déclaré un habitant du quartier qui n'a donné que le nom de Faraidun.

"J'ai aidé à transporter dans des véhicules 10 à 15 blessés et trois personnes qui ont été tuées. De nombreux blessés et martyrs sont encore en cours d'évacuation."

"De nombreux fidèles étaient à la mosquée (...) quand l'explosion a eu lieu. Plusieurs victimes ont été renversées (par le souffle)", a raconté à l'AFP un survivant, qui a dit s'appeler Ahmad.

Le coordinateur humanitaire des Nations unies pour l'Afghanistan, Ramiz Alakbarov, a condamné l'attentat. "L'attaque d'aujourd'hui (...) est un nouveau coup douloureux pour le peuple afghan qui continue d'être exposé à une insécurité et une violence incessantes", a-t-il déclaré dans un communiqué.

Une série d'attentats meurtriers à la bombe, pour certains revendiqués par le groupe Etat islamique (EI), ont causé des dizaines de morts dans le pays ces deux dernières semaines.

Cette explosion survient quelques heures après la diffusion d'un message du chef suprême du pays, Hibatullah Akhundzada, avant l'Aïd el-Fitr, la "fête de la rupture du jeûne" qui marque la fin du ramadan.

Il n'a pas évoqué les récentes attaques, se réjouissant seulement que l'Afghanistan ait été capable de créer "une forte armée islamique et nationale", ainsi qu'un "solide service de renseignement".

La sécurité s'était grandement améliorée en Afghanistan après le retour au pouvoir des talibans en août, même si l'Etat islamique-Khorasan (EI-K), la branche régionale de l'EI, continuait de mener des attaques meurtrières.

- Des attentats plus fréquents -

La fréquence des attentats a cependant beaucoup augmenté en avril, visant en particulier la minorité chiite hazara, considérée comme hérétique par les jihadistes de l'EI.

Jeudi, des attentats à la bombe, revendiqués par l'EI, contre deux minibus transportant des passagers chiites, ont fait au moins neuf morts à Mazar-i-Sharif (nord).

Le 21 avril, une mosquée chiite de cette ville avait aussi la cible d'une bombe. Au moins 12 morts avaient été tuées et 58 blessés, et là encore l'EI avait revendiqué l'attaque.

Le lendemain, au moins 36 personnes, dont des enfants, avaient trouvé la mort dans un autre attentat à la bombe contre une mosquée sunnite fréquentée par des soufis pendant la prière du vendredi à Kunduz (nord-est).

Quelques jours auparavant, des explosions dans une école pour garçons d'un quartier chiite de Kaboul avaient fait six morts.

La communauté chiite, qui est essentiellement d'ethnie hazara et représente entre 10 et 20% de la population afghane (environ 40 millions d'habitants), est persécutée de longue date dans ce pays à majorité sunnite.

Les talibans tentent de minimiser la menace de l'EI-K et mènent une lutte sans pitié contre le groupe, qu'ils combattent depuis des années. Ils ont multiplié les raids, notamment dans la province orientale de Nangarhar, et arrêté des centaines d'hommes accusés d'en faire partie.

Ils assurent depuis quelques mois avoir vaincu l'EI-K, mais les analystes estiment que le groupe extrémiste constitue toujours le principal défi sécuritaire pour le nouveau pouvoir afghan.

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