Antony Blinken rencontre le pape François et évoque le Venezuela

Publié le à Cité du Vatican (AFP)

Le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken, le plus haut responsable de l'équipe présidentielle de Joe Biden reçu jusqu'à présent par le pape François, a abordé lundi au Vatican la crise politique qui sévit au Venezuela.

Son tête-à-tête de 40 minutes avec le pape argentin (qui fait suite à la venue le 15 mai dernier de l'envoyé spécial américain sur le climat John Kerry), devrait signifier un apaisement diplomatique après des échanges parfois tendus durant la présidence de Donald Trump.

Cette rencontre intervient néanmoins dans le contexte d'un front offensif dans les rangs mêmes de la conférence épiscopale américaine, qui réfléchit à priver de communion (rite essentiel de la foi catholique) les responsables politiques soutenant l'avortement, comme le fervent catholique Joe Biden.

Le 18 juin, la conférence des évêques catholiques américains (USCCB) avait voté à une large majorité une proposition allant dans ce sens. Un débat clivant au ton politique qui avait déplu au Vatican, réagissant en amont avec une lettre envoyée à l'épiscopat.

Lundi, Antony Blinken a tout d'abord rencontré le numéro deux du Vatican, le cardinal Pietro Parolin, et l'archevêque Paul Gallagher, l'équivalent du ministre des Affaires étrangères.

Le chef de la diplomatie américaine leur a "réitéré le soutien des Etats-Unis pour un retour à la démocratie au Venezuela et notre désir d'aider le peuple vénézuélien à reconstruire leur pays", a précisé son porte-parole Ned Price.

Comme Donald Trump avant lui, le président Joe Biden considère l'opposant Juan Guaido comme président par intérim du Venezuela et ne reconnaît pas Nicolas Maduro comme président légitime.

Depuis trois ans, les Etats-Unis ont multiplié les pressions diplomatiques et les sanctions économiques pour chasser ce dernier du pouvoir, mais sans succès. Joe Biden a toutefois adopté une approche diplomatique plus souple. La diplomatie vaticane est de son côté souvent pressentie pour être un possible médiateur dans ce pays très catholique.

Le Venezuela était également au menu de la rencontre avec le pape François, tout comme le Liban, la Syrie et la région éthiopienne de Tigré.

M. Blinken a loué "le fort leadership" du pape François "sur la pandémie, le changement climatique, sur le défi de la migration illégale et des réfugiés" qui repose sur la défense de "la liberté humaine"

Avec tous ses interlocuteurs au Vatican, M. Blinken a en outre abordé un sujet sensible, "les droits de l'Homme et la liberté religieuse" en Chine.

Fin septembre 2020, en pleine campagne électorale, le secrétaire d'Etat américain sortant Mike Pompeo, lors d'un colloque organisé à Rome, avait demandé au pape de faire preuve de "courage" pour combattre les persécutions religieuses en Chine communiste.

Le Vatican, qui avait fraîchement accueilli cette remarque, avait dans la foulée renouvelé un accord historique avec Pékin sur la nomination d'évêques.

Antony Blinken est arrivé très tôt lundi matin au palais apostolique pour une visite privée de quatorze minutes de la Chapelle Sixtine et son antichambre la Sala Regia, accompagné d'un guide. "L'atmosphère spirituelle, l'art sacré, l'architecture impressionnante m'ont laissé sans voix", s'est-il émerveillé sur Twitter.

Antony Blinken, d'origine juive mais non pratiquant, est marié à une catholique qui n'était toutefois pas du voyage.

Le porte-parole du Saint-Siège, Matteo Bruni, a évoqué pour sa part lundi le "climat cordial" de la rencontre, au cours de laquelle le pape a évoqué son voyage aux Etats-Unis en 2015 et exprimé "son affection et attention au peuple des Etats-Unis.

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