Après le retour de deux Irano-Britanniques, la joie de leurs proches au Royaume-Uni

Publié le à Londres (AFP)

C'est le "bonheur": les proches de deux Irano-Britanniques savouraient leurs retrouvailles jeudi, conscients cependant qu'il leur faudra du temps pour dépasser le "traumatisme" des années de prison en Iran pour des accusations qu'ils ont toujours niées.

"Le bonheur dans une photo", a tweeté Elika Ashoori, publiant une photo de son père Anoosheh Ashoori, 67 ans, et de Nazanin Zaghari-Ratcliffe, 43 ans, souriants et entourés de leurs proches à la base aérienne de la Royal Air Force de Brize Norton, dans le sud-ouest de l'Angleterre, où ces deux Irano-Britanniques sont arrivés aux petites heures du matin jeudi.

Anoosheh Ashoori, un ingénieur à la retraite, avait été arrêté en août 2017 en Iran alors qu'il rendait visite à sa mère et avait été condamné à 10 ans de prison pour espionnage en faveur d'Israël.

Employée de la Fondation Thomson Reuters, bras philanthropique de l'agence de presse éponyme, Nazanin Zaghari-Ratcliffe avait pour sa part été arrêtée en avril 2016 après avoir rendu visite à sa famille avec sa fille Gabriella, alors âgée de 22 mois. Accusée de complot pour renverser la République islamique, elle avait été d'abord condamnée à cinq ans de prison.

Londres a annoncé leur libération mercredi, tout en indiquant parallèlement avoir soldé avec Téhéran une vieille dette de 394 millions de livres (470 millions d'euros), sans établir de lien entre les deux affaires.

Gabriella, 7 ans, a retrouvé sa mère qu'elle n'avait pas vue depuis plus de deux ans.

"Elle a dormi dans le lit entre eux la nuit dernière", a raconté jeudi sa tante Rebecca Ratcliffe à l'émission Good morning Britain. "Je pense que c'est un moment vraiment spécial pour eux trois", a-t-elle ajouté, soulignant que la petite fille n'avait "pas eu d'enfance avec ses deux parents".

Après l'arrestation de sa mère à Téhéran en 2016, Gabriella avait dans un premier temps vécu avec sa famille maternelle en Iran avant de rejoindre son père au Royaume-Uni en octobre 2019.

- "Matin de Noël" -

Rebecca Ratcliffe a comparé leurs retrouvailles au "matin de Noël quand on attend le Père Noël, et que le Père Noël arrive enfin."

Après six ans d'attente ponctués de faux espoirs, de grèves de la faim et d'un séjour en psychiatrie pour Nazanin Zaghari-Ratcliffe, le temps est venu de réapprendre à vivre ensemble. "Nous pouvons recommencer à être une famille normale", a dit Richard Ratcliffe mercredi.

Le couple et leur fille vont commencer par "être dans une maison ou un logement fourni par le ministère des Affaires étrangères pendant quelques jours. Et puis on espère les voir le week-end", a dit à la BBC le beau-père de Nazanin, John Ratcliffe.

Les enfants de M. Ashoori, Elika, 35 ans, et Aryan, 32 ans, ont expliqué qu'ils devraient "faire attention" à cause du traumatisme subi par leur père qui, désespéré, avait tenté de mettre fin à ses jours en Iran.

"Nous allons être confrontés à certains nouveaux défis en raison du fait qu'il y a eu un traumatisme et nous devons faire preuve de prudence et prendre ses sentiments en considération", a confié Elika à l'agence PA.

Nazanin Zaghari-Ratcliffe et Anoosheh Ashoori ont été libérés alors que les grandes puissances réunies à Vienne s'apprêtent à renouveler le Plan d'action global commun sur le programme nucléaire iranien, dit "JCPOA".

L'accord permet un allègement des sanctions contre l'Iran en échange de la limitation de son programme nucléaire.

Le gouvernement britannique a confirmé que, avec l'aide diplomatique d'Oman, Londres et Téhéran avaient "parallèlement" résolu une dette de 394 millions de livres sterling (470 millions d'euros) remontant aux années 1970 à l'époque du Chah d'Iran.

Richard Ratcliffe avait affirmé à plusieurs reprises que sa femme était l'"otage" d'un sinistre jeu politique portant sur cette vieille dette contractée par le Royaume-Uni dans le cadre d'un contrat d'armement.

Le secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères James Cleverly a affirmé que le gouvernement continuerait à oeuvrer pour le départ d'Iran de Morad Tahbaz, un Irano-Américain ayant également la nationalité britannique, condamné à 10 ans de prison pour "conspiration avec l'Amérique" et qui a bénéficié mercredi d'une libération conditionnelle.

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